Page:Diderot - Œuvres complètes, éd. Assézat, X.djvu/467

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NOTICE PRÉLIMINAIRE




Lorsque parut, en l’an IV, l’Essai sur la peinture, la Décade philosophique (n° du 30 janvier 1796, t. VIII) le salua de l’article suivant :

« Dans cet Essai, on voit Diderot tel qu’il était : on le trouve là sans apprêt, sans toilette, en bonnet de nuit enfin, et c’est ainsi qu’on aime à trouver quelquefois les grands hommes. Ceux qui l’ont entendu converser, dit un journaliste qui, si je ne me trompe, était des mêmes sociétés que lui, n’ont qu’à ouvrir au hasard un des feuillets de ce livre ; ils croiront l’entendre parler. Ceux qui ne l’ont pas connu concevront quel était ce mélange de bonhomie, d’élévation, de grâces piquantes et nobles, de popularité un peu cynique, cette subtilité d’idées, cette familiarité extrême de tournures et d’images qui caractérisaient ce philosophe. Il en portait le titre, sans préjudice pour sa gaieté. Sa belle tête, ses yeux d’un feu doux et céleste, promettaient les discours de Platon ; ce n’était quelquefois que l’auteur des Bijoux indiscrets. ............................ « Mais pourquoi a-t-on tardé jusqu’à ce jour à publier un ouvrage digne de son auteur, et qui sert si bien à le faire connaître ? Pourquoi cet ami Grimm, à qui il était adressé, l’a-t-il si longtemps gardé dans son portefeuille ? C’est ce que l’éditeur n’a point daigné nous dire. Ne cherchons point à pénétrer le secret. »

L’auteur, qui signait A. D., et qui regrettait en terminant de n’avoir pas vu Diderot, nous paraît avoir assez bien croqué la physionomie du philosophe en en faisant ressortir les contrastes. En tout cas, sa courte notice nous aurait suffi, si Naigeon, à son tour, n’avait pas, en 1798, écrit la sienne, que voici :

« Cet Essai, où Diderot, entraîné, pressé, pour ainsi dire, par cette