Page:Diderot - Œuvres complètes, éd. Assézat, XIX.djvu/470

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


n’ai aucune part, quelle qu’elle puisse être, ni directe ni indirecte, à cet ouvrage, et que je n’en connais ni n’en soupçonne l’auteur. Si les recherches les plus rigoureuses que j’ose vous demander en grâce d’ordonner vous conduisent à quelque découverte contraire à ce que j’ai l’honneur de vous assurer, j’aurai mérité toute votre indignation moins pour avoir eu la moindre connaissance de ce qui a rapport à la brochure en question que pour vous avoir menti indignement en le niant. Il est bien malheureux pour moi d’avoir à vous importuner sans cesse et qu’il ne suffise pas toujours d’être innocent pour être tranquille. Je n’ai point été à la pièce des Philosophes. Je ne l’ai point lue. Je n’ai point lu la préface de Palissot et je me suis interdit tout ce qui a irait à cette indignité. Loin de ces injures atroces, je ne serai point tenté de manquer à la promesse que je me suis faite et que je me suis tenue jusqu’à présent de ne pas écrire un mot de représailles. Quand les honnêtes gens veulent bien s’indigner pour nous, nous sommes dispensés de l’être.

Je suis, avec un profond respect, etc.


XXV

À VOLTAIRE
Le 28 novembre 1760.

Monsieur et cher maître, l’ami Thiriot aurait bien mieux fait de vous entretenir du bel enthousiasme qui nous saisit ici, à l’hôtel de Clermont-Tonnerre, lui, l’ami Damilaville et moi, et des transports d’admiration et de joie auxquels nous nous livrâmes deux ou trois heures de suite, en causant de vous et des prodiges que vous opérez tous les jours, que de vous tracasser de quelques méchantes observations communes que je hasardai entre nous sur votre dernière pièce [1]. C’est bien à regret que je vous les communique ; mais, puisque vous l’exigez, les voici.

  1. Tancrède, tragédie représentée pour la première fois le 30 septembre 1760.