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maine, est la levée d’une irrégularité ou suspense encourue par un Ecclésiastique, pour avoir assisté à un jugement ou une exécution de mort ou de mutilation. (H)

On donne encore le nom d’absolution à une priere qu’on fait à la fin de chaque Nocturne & des Heures Canoniales : on le donne aussi aux prieres pour les Morts. (G)

ABSOLUTOIRE, adject. terme de Droit, se dit d’un jugement qui prononce l’absolution d’un accusé. V. Absolution. (H)

* ABSORBANT, adj. Il y a des vaisseaux absorbans par-tout où il y a des arteres exhalantes. C’est par les pores absorbans de l’épiderme que passent l’eau des bains, le mercure ; & rien n’est plus certain en Anatomie que les arteres exhalantes & les veines absorbantes. Les vaisseaux lactés absorbent le chyle, &c.

Il ne seroit pas inutile de rechercher le méchanisme par lequel se fait l’absorption. Est-ce par absorption, ou par application ou adhésion des parties que se communiquent certaines maladies, comme la gale, les dartres, &c. ?

Absorbans, remedes dont la vertu principale est de se charger des humeurs surabondantes contenues dans l’estomac, ou même dans les intestins lorsqu’ils y parviennent, mêlés avec le chyle : les absorbans peuvent s’appliquer aussi extérieurement quand il est question de dessécher une plaie ou un ulcere.

On met au nombre des absorbans les coquillages pilés, les os desséchés & brûlés, les craies, les terres, & autres médicamens de cette espece.

Les absorbans sont principalement indiqués, lorsque les humeurs surabondantes sont d’une nature acide : rien en effet n’est plus capable d’émousser les pointes des acides, & d’en diminuer la mauvaise qualité, qu’un mêlange avec une matiere qui s’en charge, & qui étant pour l’ordinaire des alkalis fixes, en fait des sels neutres.

La précaution que l’on doit prendre avant & pendant l’usage des absorbans, & aprés qu’on les a cessés, est de les joindre aux délayans aqueux, & de se purger légerement ; alors on prévient tous les inconveniens dont ils pourroient être suivis. (N)

* ABSORBER, engloutir, synonymes. Absorber exprime une action générale à la vérité, mais successive, qui en ne commençant que sur une partie du sujet, continue ensuite & s’étend sur le tout. Mais engloutir marque une action dont l’effet général est rapide, & saisit le tout à la fois sans le détailler par parties.

Le premier a un rapport particulier à la consommation & à la destruction : le second, dit proprement quelque chose qui enveloppe, emporte & fait disparoître tout d’un coup : ainsi le feu absorbe, pour ainsi dire, mais l’eau engloutit.

C’est selon cette même analogie qu’on dit dans un sens figuré être absorbé en Dieu, ou dans la contemplation de quelqu’objet, lorsqu’on s’y livre dans toute l’étendue de sa pensée, sans se permettre la moindre distraction. Je ne crois pas qu’engloutir soit d’usage au figuré.

Absorber, v. act. se dit quand la branche gourmande d’un arbre fruitier emporte toute la nourriture nécessaire aux autres parties de ce végétal. (K)

ABSORPTION, s. f. dans l’œconomie animale est une action dans laquelle les orifices ouverts des vaisseaux pompent les liqueurs qui se trouvent dans les cavités du corps. Ess. de la Société d’Edimbourg.

Les extrémités de la veine ombilicale pompent les liqueurs par voie d’absorption, de même que les vaisseaux lactés pompent le chyle des intestins.

Ce mot vient du latin absorbere, absorber. (L)

ABSOUTE, s. f. Cérémonie qui se pratique dans


l’Eglise Romaine le Jeudi de la semaine sainte, pour représenter l’absolution qu’on donnoit vers le même tems aux Pénitens dans la primitive Eglise.

L’usage de l’Eglise de Rome, & de la plûpart des Eglises d’Occident, étoit de donner l’absolution aux Pénitens le jour du Jeudi saint, nommé pour cette raison le Jeudi absolu. Voyez Absolu.

Dans l’Eglise d’Espagne & dans celle de Milan, cette absolution publique se donnoit le jour du Vendredi saint ; & dans l’Orient, c’étoit le même jour ou le Samedi suivant, veille de Pâques. Dans les premiers tems, l’Evêque faisoit l’absoute, & alors elle étoit une partie essentielle du Sacrement de Pénitence, parce qu’elle suivoit la confession des fautes, la réparation de leurs desordres passés, & l’examen de la vie présente : « Le Jeudi saint, dit M. l’Abbé Fleury, les Pénitens se présentoient à la porte de l’Eglise ; l’Evêque après avoir fait pour eux plusieurs prieres, les faisoit rentrer à la sollicitation de l’Archidiacre, qui lui représentoit que c’étoit un tems propre à la clémence… Il leur faisoit une exhortation sur la miséricorde de Dieu, & le changement qu’ils devoient faire paroître dans leur vie, les obligeant à lever la main pour signe de cette promesse ; enfin se laissant fléchir aux prieres de l’Eglise, & persuadé de leur conversion il leur donnoit l’absolution solemnelle ». Mœurs des Chrétiens, tit. XXV.

Maintenant ce n’est plus qu’une Cérémonie qui s’exerce par un simple Prêtre, & qui consiste à réciter les sept Pseaumes de la Pénitence, quelques oraisons relatives au repentir que les Fideles doivent avoir de leurs péchés, une entr’autres que le Prêtre dit debout, couvert, & la main étendue sur le peuple, après quoi il prononce les formules Misereatur & Indulgantiam. Mais tous les Théologiens conviennent qu’elles n’operent pas la rémission des péchés ; & c’est la différence de ce qu’on appelle absoute avec l’absolution proprement dite. V. Absolution. (G)

ABSPERG, s. petite ville d’Allemagne dans la Suabe.

ABSTEME du latin abstemius, adject. pris subst. terme qui s’entend à la lettre des personnes qui s’abstiennent entierement de boire du vin, principalement par la répugnance & l’aversion qu’elles ont pour cette liqueur.

Dans ce sens, abstème est synonyme au mot latin invinius, & au mot grec ἄοινος, & même à ceux-ci ὑδρόποτης & ὑδροπαράστατης, bûveur d’eau, panégyriste de l’eau, étant composé d’abs, qui marque retranchement, éloignement, privation, répugnance, & de temetum, vin.

Les Théologiens protestans emploient plus ordinairement ce terme pour signifier les personnes qui ne peuvent participer à la coupe dans la réception de l’Eucharistie, par l’aversion naturelle qu’elles ont pour le vin. Voyez Antipathie.

Leurs Sectes ont été extrémement divisées pour savoir si l’on devoit laisser communier ces Abstèmes sous l’espece du pain seulement. Les Calvinistes au Synode de Charenton déciderent qu’ils pouvoient être admis à la Cene, pourvû qu’ils touchassent seulement la coupe du bout des levres, sans avaler une seule goutte de l’espece du vin. Les Luthériens se récrierent fort contre cette tolérance, & la traiterent de mutilation sacrilége du Sacrement. Il n’y a point d’ame pieuse, disoient-ils, qui par la ferveur de ses prieres n’obtienne de Dieu le pouvoir & la force d’avaler au moins une goutte de vin. Voyez Stricker in nov. Litt. Germ. ann. 1709. pag. 304.

M. de Meaux a tiré avantage de cette variation pour justifier le retranchement de la coupe ; car il est clair, dit-il, que la Communion sous les deux especes n’est pas de précepte divin, puisqu’il y a des cas