Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 10.djvu/129

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ligna nervis alienis d’Horace ; les catenationes mobiles de Petrone ; les ligneolæ hominum figuræ d’Apulée, rendent parfaitement ce que les Italiens entendent par gelli buratini, les Anglois par the puppets, & les François par marionnettes.

Ce spectacle semble fait pour notre nation. Jean Brioché, arracheur de dents, nous le rendit agréable dans le milieu du dernier siecle. Il est vrai que dans le même tems un anglois trouva le secret de faire mouvoir les marionnettes par des ressorts, & tans employer des cordes ; mais nous préférâmes les marionnettes de Brioché, à cause des plaisanteries qu’il leur faisoit dire. Enfin Fanchon, ou François Brioché, immortalisé par Despréaux, se rendit encore plus célébre que son pere dans ce noble métier. (D. J.)

Marionnettes, en terme de Cardeur, sont deux montans de bois plantés à la tête du rouet sur chaque bord du banc, & garnis de deux fraseaux de jonc ou de paille qui se traversent parallelement à la position de la roue. Voyez les Pl. de Draperie.

Marionnette, s. f. (Art. d’ourdis.) piece de bois mobile à laquelle sont attachés les fraseaux de tous les rouets. Voyez Fraseaux.

MARIPENDAM, (Bot. exot.) arbrisseaux de la nouvelle Espagne, qui s’éleve à la hauteur de six à sept pieds : sa tige est cendrée ; ses feuilles sont vertes, & portées sur des longs pédicules rougeâtres ; son fruit croît en grappes ; on en recueillie les boutons, on en exprime le jus, on le fait épaissir, & on s’en sert pour déterger les ulceres. (D. J.)

MARIQUES les, (Géog. anc.) peuple d’Italie. Voyez Marici. (D. J.)

MARIQUITES, (Géog.) peuples errans, sauvages & barbares de l’Amerique méridionale au Brésil. M. de Lisle le met à l’orient de Fernambuc, & au nord de la riviere de S. François. (D. J.)

MARITAL, adj. (Jurisprud.) se dit de quelque chose qui a rapport au mari, comme la puissance maritale. Voyez Puissance.

MARITIMA Colonia, (Géog. anc.) ville de la Gaule Narbonoise. On prétend que c’est aujourd’hui Martegue. (D. J.)

MARITIME, adj. (Marine.) épithete qu’on donne aux choses qui regardent la marine. Ainsi, on dit une place maritime, des forces maritimes, &c.

MARISA, (Géogr.) riviere de la Romanie. Elle a sa source au pié du mont Hémus, & finit par se jetter dans le golfe de Mégarisse, vis-à-vis de l’île Samandrachi. On la dit navigable depuis son embouchure jusqu’à Philippopoli. Cette riviere est l’Ebrus des anciens. (D. J.)

MARIZAN, (Géogr.) montagne d’Afrique dans la province de Gutz, au royaume de Fez. Elle est fort haute & fort froide ; ses habitans sont béréberes. Ils vivent dans des huttes faites de branches d’arbres, ou sous de nattes de joncs plantées sur des pieux. Ce sont de vrais sauvages, errans dans leurs montagnes, & ne payant de tributs à personne.

MALBOROUGH, (Géogr.) c’est le Cunetio des anciens, petite ville à marché d’Angleterre en Wiltshire, avec titre de duché, qu’elle a donné à un des plus grands héros du dernier siecle Elle envoie deux députés au parlement, & est sur le Kennet, à 60 milles S. O. de Londres. Long. 16. 10. lat. 51. 24. (D. J.)

MARLE, (Géogr.) petite ville de France en Picardie, avec titre de comté, sur la Serre, dans la Thiérache, à trois lieues de Guise, 37 N. E. de Paris. Long. 21d 26′. 16″. lat. 49d 44′. 24″. (D. J.)

MARLIE ou MARLI, s. m. (Art d’ourdiss. & soirie.) le marli quoique fabriqué sur un métier, tel que ceux qui servent à faire l’étoffe unie, néanmoins est un ouvrage de mode ou d’ajustement, qui dérive de la


gaze unie. On distingue deux sortes de marlis ; savoir, le marli simple & le marli double, auquel on donne le nom de marli d’Angleterre.

Le marli simple est monté comme la gaze, & se travaille de même, avec cette différence néanmoins qu’on laisse plus ou moins de dents vuides au peigne, pour qu’il soit à jour.

Le marli le plus grossier est composé de 16 fils chaque pouce ; ce qui fait 352 fils qui ne sont point passés dans les perles, & pareille quantité qui y sont passés deux fois, en supposant l’ouvrage en demi-aune de large.

Le marli fin est composé de 20 fils par pouce ; ce qui fait 440 fils passés en perle, & pareille quantité qui ne le sont pas. Une chaîne ourdie pour un marli fin, doit contenir 880 fils seulement roulés sur une même ensuple ; & le marli le plus grossier, 704 de même.

Chaque dent du peigne contient un fil passé en perle, & un fil qui ne l’est pas, quant à celles qui sont remplies, parce qu’on laisse des dents vuides pour qu’il soit à jour.

Suivant cette disposition, le marli grossier contient 9 points de ligne de distance d’un fil à l’autre, & le marli fin, 7 points à peu près.

Lorsque l’ouvrier travaille le marli, il passe deux coups de navette qui se joignent, & laisse une distance d’une ligne & demie pour les deux autres coups qui suivent de même, & successivement continue l’ouvrage de deux coups & en deux coups ; de façon qu’il représente un quarré long ainsi qu’il est représenté par la figure du marli grossier. Le marli plus fin est de 13 points environ, ce qui revient à-peu-près à une hauteur qui forme le double de la largeur. Il semble que l’ouvrage auroit plus de grace, si le quarré étoit parfait, mais aussi il reviendroit plus cher parce qu’il prendroit plus de trame.

La soie destinée pour cet usage n’est point montée, c’est-à-dire qu’elle est grese, ou telle qu’elle sort du cocon. Elle est teinte en crud pour les marlis de couleur ; & pour ceux qui sont en blanc, on n’emploie que de la soie grese, qui est naturellement blanche. On ne pourroit travailler ni le marli, ni la gaze, si la soie étoit cuite ou préparée comme celle qui est employée dans les étoffes de soie.

Le marli croisé, ou façon d’Angleterre, est bien différent du marli simple. Il est composé d’une chaîne qui contient la même quantité de fils du marli grossier ; c’est-à-dire 704 environ, qui sont passés sur quatre lisses, comme le taffetas, dont deux fils par dents de celles qui sont remplies, & à même distance de neuf points de ligne au moins chaque dent. Cette chaîne doit être tendue pendant le cours de la fabrication de l’ouvrage, autant que sa qualité peut le permettre ; elle est roulée sur une ensuple.

Indépendamment de cette chaîne, il faut un poil contenant la moitié de la quantité des fils de la chaîne, qui doit être roulé sur une ensuple séparée.

Le poil contient 352 fils ; cette quantité doit faire 704 perles, parce que les fils y sont passés deux fois. En les passant au peigne, il faut une dent de deux fils de chaîne simplement, sans aucun fil de poil, de façon que le poil ourdi ne compose que la moitié de la chaîne.

La façon de passer les fils de poil dans les perles est si singuliere, qu’il seroit très-difficile d’en donner une explication sans la démontrer.

Le poil de cet ouvrage doit être extraordinairement lâche, ou aussi peu tendu que le poil d’un velours, afin que le fil puisse se prêter à tous les mouvemens qu’il est obligé de faire pour former la croisure ; de sorte que le poids qui le tient tendu, & qui est très-léger, doit être passé de façon qu’il puisse monter au fur & à mesure qu’il s’emploie.