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nautés religieuses de commencer les matines à minuit.

On trouve dans l’Histoire ecclésiastique divers monumens très-anciens qui attestent cette coutume de prier la nuit. Les constitutions attribuées aux Apôtres ordonnent aux fideles de prier au chant du coq, parce que le retour du jour rappelle les enfans de la lumiere au travail & à l’œuvre du salut. Cassien de cant. noct. nous apprend que les moines d’Egypte récitoient douze pseaumes pendant la nuit & y ajoutoient deux leçons tirées du nouveau Testament. Dans les monasteres des Gaules, selon le même auteur, on chantoit dix-huit pseaumes & neuf leçons, ce qui se pratique encore le dimanche dans le breviaire romain. Saint Epiphane, saint Basile, saint Jean-Chrysostome, & plusieurs autres Peres grecs font une mention expresse de l’office de la nuit.

En Occident, on n’a pas été moins exact sur cette partie de la priere publique qui fut, dit-on, introduite par saint Ambroise pendant la persécution que lui suscita l’impératrice Justine, arienne, & mere de Valentinien le jeune. Le quatrieme concile de Carthage veut qu’on prive des distributions les clercs qui manquent sans raison aux offices de la nuit. Saint Isidore, dans son livre des offices ecclésiastiques, appelle celui de la nuit vigiles & nocturnes, & celui du matin matines ou laudes.

On voit dans la regle de saint Benoît une grande conformité avec ce qui se pratique aujourd’hui dans toute l’Église. L’office de la nuit y commence par Deus, in adjutorium, &c. ensuite le pseaume venite, l’hymne, six pseaumes qui doivent être récités à deux chœurs, le verset & la bénédiction de l’abbé. Et suite trois leçons entre lesquelles on chante des répons, au dernier on ajoute gloria Patri. Ensuite six autres pseaumes & une leçon de l’apôtre par chœur. Le dimanche, on lisoit huit leçons, puis on ajoutoit aux douze pseaumes trois cantiques de l’ancien Testament, trois leçons du nouveau avec les versels & le te Deum. Ensuite l’abbé lisoit une leçon de l’Evangile, ce qui étoit suivi d’une hymne, après laquelle on chantoit matines, c’est-à-dire, ce que nous appellons aujourd’hui laudes. Voyez Laudes. Thomassin, discip. ecclésiastiq. part. I. liv. I. ch. xxxiv. & suiv.

Dans la plûpart des breviaires modernes, excepté dans le romain pour le dimanche, les matines sont composées du Deus, in adjutorium, d’un verset nommé invitatoire, du pseaume venite, d’une hymne. Ensuite suivent trois nocturnes composés de neuf pseaumes sous trois ou neuf antiennes selon la solemnité plus ou moins grande, trois ou neuf leçons precédées chacune d’une courte oraison dite bénédiction, & suivies chacune d’un répons. A la fin du troisieme nocturne, on dit dans les grandes fêtes & les dimanches, excepté l’avent & le carême, le cantioue te Deum que suit un verset nommé sacerdotal, après quoi l’on chante laudes. Voyez Laudes, Répons, Verset, Leçon, &c.

MATIR ou AMATIR, (Grav.) en terme de Ciseleur, Graveur en creux & en relief, c’est rendre mate une partie de l’ouvrage en la frappant avec le matoir (voyez Matoir), qui répand sur l’ouvrage un grain uniforme qui détache les parties matées des autres qui sont polies.

Matir, lime a, c’est un outil dont se servent les Graveurs en relief & en creux pour former les grains du matoir, voyez Matoir. En le frappant dessus, les grains du matoir sont plus ou moins serrés, selon que la lime dont on s’est servi pour les former est plus ou moins grosse.

Matir, terme d’Orfevre. Voyez Amatir.

MATISCO, (Géog. anc.) ville des Gaules dans le pays des Æduens. Jules-César, de bello gall. l.

VII. c. xc. est le premier qui en fasse mention, & il la place sur la Saone. Le même nom de cette ville se trouve sur la table de Peutinger & l’itinéraire d’Antonin. On ne peut guere douter que ce ne soit Mâcon. Voyez Macon. (D. J.)

MATITES, s. f. (Hist. nat.) nom donné par quelques Naturalistes à des pierres qui sont en mamelons, ou qui ont la forme du bout d’un tetton. On croit que ce sont des pointes d’oursins qui ont fait des empreintes dans de certaines pierres, d’autant plus qu’il y a des oursins qui ont des mamelons.

MATMANSKA, (Géog.) île du détroit qui sépare le Japon du pays d’Yesso, ou de Kamschatka. C’est l’île de Matsumay des Japonois. (D. J.)

MATOBA, s. m. (Hist. nat. Bot.) espece de palmier d’Afrique, fort commun dans les royaumes de Congo & d’Angola, dont les habitans tirent par incision une liqueur ou une espece de vin extrèmement acide.

MATOIR, s. m. outil d’Arquebusier ; c’est un petit ciseau de la longueur de deux pouces & gros à proportion, qui n’est pas fort aigu, qui sert aux Arquebusiers pour matir deux pieces de fer jointes ensemble. Cela se fait en posant la piece que l’on veut matir dans l’étau, & en frappant dessus avec le matoir & le marteau & mâchant un peu ; cela efface la raie des deux pieces jointes & soudées ensemble.

Matoirs, en terme de Bijoutier, sont des ciselets dont l’extrémité est taillée en petits points ronds & drus ; leur usage est pour amatir & rendre bruts les ornemens de reliefs qui se trouvent sur les ouvrages, & les détacher du champ qui est ou bruni ou poli, ou pour amatir & rendre bruts les champs qui entourent des ornemens brunis ou polis : cette variété détache agréablement, & forme un contraste qui releve l’éclat des parties polies, & séduit l’œil des amateurs.

Matoir, (Ciseleur.) petit outil avec lequel ceux qui travaillent de damasquinerie, ou d’ouvrages de rapport, amatissent l’or. C’est un ciselet dont l’extrémité inférieure qui porte sur l’ouvrage, est remplie de petits points faits par des tailles comme celles d’une lime douce. Voyez la fig. Pl. du Graveur : il y en a de différentes grandeurs.

Matoir, (Graveur.) sorte de ciselet, dont se servent les Graveurs en relief & en creux, est un morceau d’acier de 2 ou 3 pouces de long, dont un bout est arrondi & sert de tête pour recevoir les coups de marteau ; l’autre bout est grené. On donne cette façon à cet outil en le frappant sur une lime, les dents de la lime entrent dans le matoir, & y font autant de trous ; on le trempe ensuite, pour que les trous ne se rebouchent point. Voyez la fig. Pl. de la Gravure.

On se sert de cet outil pour frapper sur différentes parties des ouvrages de ciselure, qu’on ne veut pas qui soient lissées & polies : cet outil y répand un grain uniforme, qui sert à distinguer ces parties de celles qui sont polies & brunies.

Matoir, en terme d’Orfevre en grosserie, est un ciselet dont l’extrémité est matte, & fait sur l’ouvrage une sorte de petits grains, dont l’effet est de faire sortir le poli, & d’en relever l’éclat. Voyez Poliment, voyez les Pl.

Pour faire le matoir, on commence par lui donner la forme que l’ouvrage demande ; puis pour le rendre propre à matir, on s’y prend de trois façons differentes ; les deux premieres se font avant que de le tremper, avec un marteau dont la surface se taille en grain, & dont on frappe le bout du matoir ; de la seconde façon, l’on prend un morceau d’acier trempé, on le casse, & quand le grain s’en trouve bien, on s’en sert pour former la surface du