Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 11.djvu/139

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une tige cannelée, tantôt simple, tantôt rameuse ; ses feuilles sont alternes, plus minces, plus espacées que celles de la nielle cultivée, & découpées en petits filamens : ses fleurs sont comme étoilées, composées de cinq pétales, de couleur bleue, assez grandes & agréables, sans barbes. Quand les fleurs sont tombées, il leur succede des fruits membraneux, terminés par cinq cornets, à-peu-près comme l’ancolie, & divisés dans leur longeur en autant de loges qui renferment plusieurs semences noires & de peu d’odeur. On trouve cette plante dans les blés, où elle fleurit vers la fin de l’été.

La nielle ordinaire cultivée, nigella flore minore, simplici, candido, I. R. H. 258, pousse des tiges à la hauteur d’un pié, grêles, cannelées, assez nombreuses ; ses feuilles sont médiocrement larges, vertes, découpées, menues. Ses fleurs sont placées aux sommités de ces rameaux, grandes, séparées les unes des autres, composées chacune de cinq pétales disposés en rose, d’un blanc pâle, accompagné au milieu de plusieurs étamines, qui sont entourées par une couronne de petits corps oblongs. Quand les fleurs sont passées, il leur succede des fruits membraneux, assez gros, terminés par plusieurs cornes, & divisés en loges, qui renferment des semences oblongues ou rondelettes, noires ou jaunes, d’une odeur aromatique, & d’un goût piquant.

Cette plante se cultive dans les jardins où elle vient aisément, & où elle fleurit pendant trois mois de l’été. Les curieux tirent sa graine d’Italie ; ils aiment aussi beaucoup la petite nielle du Levant, qu’on appelle en Botanique nigella cretica ; elle se distingue des autres par ses jolies fleurs bleuâtres, & par l’odeur de sa graine qui est aussi forte que celle du cumin. (D. J.)

Nielle, (Chimie, Diete & Matiere méd.) nielle romaine ou des jardins, c’est la semence seule qui est d’usage en Médecine, & que les paysans emploient dans quelques cantons du royaume à titre d’assaisonnement & en guise de poivre.

Cette semence, qui a un goût vif & piquant, contient une petite quantité d’huile essentielle, & une autre huile que Cartheuser appelle unguineuse, & qu’il dit être soluble par l’esprit-de-vin, & retirable par l’expression ; sur quoi il faut observer qu’il n’est pas permis, en raisonnant d’après l’analogie tirée des connoissances reçues & vérifiées sur presque toutes les huiles connues, qu’il n’est pas permis, dis-je, de regarder comme une même substance l’huile que M. Cartheuser a retirée de la semence de nielle par expression, & celle qu’il en a retirée par l’esprit de vin.

La semence de nielle est comptée parmi les remedes toniques, fortifians, discussifs, emmenagogues, carminatifs, errhins, contraires aux rhumes & enchifrenemens, vermifuges, céphaliques, & propres à la génération du lait : la plûpart de ces vertus sont peu prouvées par l’observation, parce que la semence de nielle est peu usitée, mais elles sont annoncées autant qu’elles peuvent l’être par leurs qualités extérieures, & par la connoissance de ses principes.

Cette semence entre dans la composition du sirop d’armoise, de l’électuaire de baies de laurier, & de l’huile de scorpion composée. (b)

NIÉMECZ, (Géog.) place forte de Moldavie, entre Scozwa & Cronstadt : les Polonois la prirent en 1691, & la rendirent à la paix. Long. 44. 31. lat. 46. 58. (D. J.)

NIÉMEN, (Géog.) grande riviere de Pologne, qui prend sa source au palatinat de Minski en Lithuanie, & se jette dans le Curish-Haff par plusieurs embouchures.

NIÉMI, (Géog.) montagne de la Laponie sué-


doise : cette montagne, dit M. de Maupertuis, seroit charmante par-tout ailleurs qu’en Laponie ; on trouve d’un côté un bois clair, dont le terrein est aussi uni que les allées d’un jardin ; les arbres n’empêchent point de se promener, ni de voir un beau lac qui baigne le pié de la montagne ; d’un autre côté on trouve des salles & des cabinets qui paroissent taillés dans le roc, & auxquels il ne manque que le toît : ces rochers sont si perpendiculaires à l’horison, si élevés, & si unis, qu’ils paroissent plûtôt des murs commencés pour des palais, que l’ouvrage de la nature. Nous vîmes-là plusieurs fois, continue M. de Maupertuis, s’élever du lac, ces vapeurs que les gens du pays appellent haltios, & qu’ils prennent pour les esprits auxquels est commise la garde des montagnes : celle-ci étoit formidable par les ours qui s’y devoient trouver ; cependant nous n’y en vimes aucun, & elle avoit plus l’air d’une montagne habitée par les fées & par les génies, que par les ours. Mém. de l’acad. des Scienc. année 1737.

NIENBOURG, (Géog.) forte ville d’Allemagne au duché de Brunswick-Lunébourg : son commerce consiste en blé, en laine, en lin, en miel, & en bestiaux. Elle a été prise & reprise plusieurs fois dans le dernier siecle ; enfin elle a été rendue à Louis duc de Brunswic-Lunebourg en 1650 ; elle est sur le Weser, à 10 lieues N. O. d’Hanovre, 15 S. E. de Brême. Long. 27. 2. lat. 52. 44.

NIENCHEU, (Géog.) ville de la Chine, dans la province de Chekiang, dont elle est la quatrieme métropole. Elle est environnée de montagnes où il y a des mines de cuivre ; ses habitans font un grand commerce de papier. Lat. sept. 29. 33.

NIÉPER ou DUIÉPER, (Géog.) autrefois le Boristhene, est une riviere de l’Europe, & l’une des plus grandes du Nord. Hérodote, liv. IV. c. lxiij. & Pomponius Mela, liv. II. chap. j. en ont donné la description. Les noms de Niéper ou Duiéper, ne sont pas modernes, car ils viennent du mot Danapris, qui est le nom que les anciens écrivains donnoient aussi à ce fleuve ; mais nous en connoissons la source beaucoup mieux qu’ils ne l’ont connue. Elle se trouve dans la Russie moscovite, au duché de Recchou, entre Wolock & Oleschno. Ce fleuve passe dans la partie orientale de la Lithuanie, coule dans le palatinat de Kiow, reçoit chemin faisant plusieurs rivieres, & finit par se jetter dans la mer Noire auprès d’Oczakow : son embouchure dans la mer a une bonne lieue françoise de large. (D. J.)

NIER, v. act. (Gramm.) c’est regarder comme faux ce qui est avancé par un autre, & lui marquer l’opposition qu’on a à son sentiment, par les expressions usitées dans la langue. Voyez Négation, Négatif, &c.

NIERS, (Géog.) petite riviere d’Allemagne, qui prend sa source dans l’électorat de Cologne, à l’occident de Xuys, & qui se jette dans la Meuse au-dessous de Gennep. (D. J.)

NIESTER le, (Géog.) grande riviere de Pologne ; elle a sa source au palatinat de Russie, dans le mont Krapack, traverse la Pokucie, sépare la Moldavie du palatinat de Podolie, & se rend à Bialogorod, ville de la basse Arabie, où elle se décharge dans la mer Noire.

NIÈVES ou NEWIS, (Géog.) petite île de l’Amérique septentrionale appartenante aux Anglois. Voyez NERWIS.

NIEUPORT, (Géog.) ville forte des Pays-bas autrichiens, dans la Flandres, avec un port & des écluses, dont on peut inonder en un instant tous les environs. Elle soutint un siege contre Philippe duc de Cleves en 1488 ; le duc de Parme la prit en 1583 ; l’archiduc Albert d’Autriche y fut défait en