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ra, & plutôt il sera soulagé : les huileux sont moins propres à cela que les incisifs.

Tisane bonne dans la péripneumonie fausse. Prenez des feuilles de becabunga, de lierre terrestre, & d’hysope, de fleurs de pié de chat, de chaque un gros ; faites-les infuser dans trois demi-septiers d’eau bouillante, & y ajoutez miel blanc une once ; on fera prendre de cette infusion de demi-heure en demi heure, & pour aider plus efficacement l’excrétion de l’humeur muqueuse, on fera prendre la potion suivante.

Prenez d’huile d’amandes douces tirée sans feu, trois onces, de syrop de lierre terrestre, de syrop de pas d’âne, de chaque demi-once ; de blanc de baleine, deux gros ; de kermès minéral, six grains : dissolvez le kermès & le blanc de baleine en particulier dans l’huile, ensuite mêlez le tout ensemble, & donnez une cuillerée de ce mélange au malade, d’heure en heure, & par-dessus un verre de la boisson ci-dessus.

Si la toux est stomachale, que la langue soit épaisse & la bouche fort sale & pâteuse, on ordonnera l’apozeme suivant. Prenez de racine d’aunée, d’iris de Florence, de chaque six gros ; de fleurs de mauve & de pas d’âne, de chaque deux gros : faites-les infuser dans trois chopines d’eau bouillante, ajoutez-y du tartre stibié, six grains. On tâchera de procurer le vomissement selon l’indication, & si le vomissement fatigue trop, on procurera la précipitation par les selles au moyen d’un minoratif, tel que la manne & le sel d’epson, dont on donnera une dose proportionnée à la quantité du liquide.

PERIPOLIUM, (Géog. anc.) ville d’Italie, chez les Locres Epirépyriens, sur le bord du fleuve Halice, aujourd’hui Alice. Elle étoit la patrie de Praxitèle, célebre sculpteur dont nous parlerons en traitant de son art. Les uns croyent que c’est aujourd’hui Mendolia, bourg d’Italie dans la partie méridionale de la Calabre ultérieure ; d’autres prétendent que c’est Pagliopoli, village à une lieue de Mendolia.

PERIPSEMA, (Critiq. sacr.) περίψημα & κάθαρμα, sont deux mots grecs synonymes, termes du dernier mépris, signifient balayeures, ordures, fumier, exécration, fardeau de la terre. S. Paul dit que les Chrétiens étoient regardés comme les balayeures de ce monde ; ὡς περικάθαρματα, πάντων περίψημα, I. Cor. iv. 4. 13.

On croit, avec beaucoup de vraissemblance, que saint Paul fait allusion, dans ce passage, aux catharmates des anciens, qui ont été écrites en vers par Jean ou Isaac Tzetzes, dans ses Chiliades historiques, imprimées par Fabricius, Bibl. graec. tom. II. p. 419.

Voici, dit ce poëte, quelle étoit la victime expiatrice, κάθαρμα, qu’on offroit, lorsque par la colere des dieux une ville étoit désolée par quelque malheur, soit peste, soit famine, soit quelqu’autre fléau. L’on se saisissoit de l’homme le plus laid qu’il y eût dans la cité, afin de servir de remede aux maux qu’on souffroit. Dès que cette victime, qui devoit bien-tôt être immolée, avoit été conduite dans un lieu destiné à sa mort, on lui mettoit à la main un fromage, un morceau de pâte & des figues ; on le battoit sept fois avec un faisceau de verges, fait d’une espece d’oignons, de figuiers sauvages, & d’autres branches d’arbrisseaux de même nature ; on le brûloit enfin dans un feu de bois d’arbres sauvages, & on jettoit sa cendre dans la mer & au vent : tout cela se faisoit pour l’expiation de la ville affligée ; εἰς κάθαρμον τῆς πόλεως τῆς νοσούσης.

Les deux expressions κάθαρμα, & περίψημα ont été indifféremment dites l’une & l’autre de ces hommes qu’on immoloit aux dieux irrités. Le formulaire en étoit, que cette victime soit propitiation pour


nous ! περίψημα ἡμῶν γενοῦ ! Voyez les Obs. phil. de Lambert Bos, sur le passage des Corinthiens. (D. J.)

PERIPTERE, s. m. (Archit.) c’est dans l’architecture antique, un bâtiment environné en son pourtour extérieur de colonnes isolées. Tels étoient le portique de Pompée, la basilique d’Antonin, le septizone de Sévere, &c. Ce mot vient du grec περὶ, à l’entour, & πτέρον, aîle. (D. J.)

Periptere, s. m. (Architec. antiq.) lieu environné de colonnes, & qui a une aîle tout au-tour ; le mot est grec, car πτέρα, signifie proprement l’ordre des colonnes qui est au portique & au côte des temples, ou de quelqu’autre édifice. Ces peripteres étoient des temples qui avoient des colonnes de quatre côtés, & qui étoient différentes du péristyle & de l’amphiprostyle, en ce que l’un n’en avoit que devant, & l’autre devant & derriere, & point aux côtés.

M. Perrault, dans ses notes sur Vitruve, remarque que le périptere est proprement le nom d’un genre qui comprend toutes les especes de temples, qui ont des portiques de colonnes tout au-tour, soit que ce temple soit diptere ou pseudodiptere, ou simplement périptere, qui est une espece qui a le nom du genre, & qui en ce cas a ses colonnes distantes du mur d’un entrecolonnement. Il y a des péripteres quarrés & des ronds ; le portique de Pompée, la basilique d’Antonin, le septizone de Sévere étoient des péripteres. Voyez Temple Périptere. (D. J.)

PERIR, v. neut. (Gramm.) rien ne s’anéantit, mais tout change d’état. En ce sens nous périssons sans cesse, ou nous ne périssons point du tout, puisqu’il n’y a aucun instant dans l’éternité de notre durée où nous différions plus de nous-mêmes que dans aucun autre instant antérieur ou postérieur, & que nous sommes dans un flux perpétuel. Le verbe périr est relatif à un état de destruction très-sensible ; & l’on dit ce vaisseau a péri sur la côte ; les hommes ont une fois péri par les eaux, & l’on croit qu’ils périront un jour par le feu ; les bâtimens inhabités périssent ; il a péri par la faim. N’auriez-vous pas honte de laisser périr celui à qui vous n’auriez qu’à tendre la main pour le sauver ?

PERIRRANTERION, s. m. (Littérat. grecq.) περιῤῥαντήριον ; vase qui contenoit l’eau lustrale chez les Grecs. Ce mot est composé de περὶ, circum, & ῥαίνω, aspergo. On mettoit ce vase, selon Casaubon, dans le vestibule du temple, & selon d’autres, dans le sanctuaire ; peut-être le plaçoit-on, dit M. de Tourreil, dans l’un & dans l’autre de ces endroits. Tous ceux qui entroient se lavoient eux-mêmes de cette eau sacrée, s’ils n’aimoient mieux s’en faire laver par les prêtres, ou par quelque ministre subalterne.

Ce n’étoit pas seulement dans les temples qu’on mettoit ces sortes de vases ; on en posoit aussi aux avenues de la place publique, & dans les carrefours ; mais sur-tout on ne manquoit pas de placer de ces vases à la porte des maisons particulieres, lorsqu’il y avoit quelque mort dans les familles. Pollux appelle cette sorte de bénitier mortuaire, ἀρδάνιον ; Hésichius, γάστρα, & Aristophane, ὄστρακον. On arrosoit de l’eau qui étoit dans ces bénitiers mortuaires, ceux qui assistoient aux funérailles, & l’on se servoit d’une branche d’olivier pour faire ces aspersions, ramo felicis olivæ, dit Virgile. On sacroit cette eau en trempant dedans un tison ardent, tandis qu’on brûloit la victime. Au reste cette eau lustrale servoit à deux sortes de purifications ; l’une qui se bornoit aux mains seules, & se nommoit χέρνιψ, de χεὶρ, main, & νίπτω, je lave ; l’autre s’étendoit à tout le corps, & s’appelloit περίῤῥανσις, dont nous avons donné la racine. (D. J.)

PERISCELIS, (Critiq. sacrée.) en grec περισκελίς ;