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un plomb qui s’appose aux étoffes de laine dans les foires & marchés, ou lieux de fabrique, par ceux qui ont droit de les contrôler, & de percevoir quelques droits sur chaque piece.

Plomb, (Coutellerie.) les maîtres Couteliers appellent le plomb, une masse de ce métal sur laquelle ils coupent avec le rosettier, ces petites rosettes dont ils se servent pour monter les lancettes & les rasoirs. (D. J.)

Plomb à la main, terme des Graveurs en médailles, c’est une maniere de tirer l’épreuve du coin qu’ils gravent. Pour cet effet ils font fondre du plomb qu’ils versent sur un morceau de papier, & sur lequel avant qu’il ait cessé d’être coulant, ils appliquent le quarré du côté de la gravure, ils frappent en même tems avec la paume de la main sur le côté opposé, le coin s’enfonce facilement dans le plomb fondu, que l’on laisse prendre en cet état ; on ôte ensuite le coin, & on a une épreuve fidele de la gravure.

Plomb, (Monn.) ce mot est pris bien souvent pour signifier toute la sonde, parce que la principale partie est de ce métal : on dit, les côtes de Hollande sont si dangereuses, qu’il faut toujours avoir le plomb à la main. Voyez Sonde.

Plomb de sonde, c’est un plomb fait en cône, & attaché à une corde nommée ligne, avec lequel on sonde à la mer, pour savoir combien il y a de brasses d’eau, & de quelle qualité est le fond, s’il est de roche, de vase ou de sable, &c. Plomb de 6, de 12, de 25, de 36, &c.

Plomb, terme de Miroitiers. L’on appelle plomb, parmi les ouvriers de ce métier qui mettent les glaces au teint, des plaques de plomb longues d’un pié, larges de cinq à six pouces, & de trois à quatre lignes d’épaisseur, avec une poignée de fer par-dessus pour les prendre & manier commodément.

Ces plombs servent à charger la glace quand elle a été placée sur le vif-argent, après néanmoins avoir pris la précaution de la couvrir de revêche ou de molleton, de crainte qu’ils ne la rayent ou ne la gâtent. Quelques-uns mettent des boulets de canons posés dans des especes de sébilles de bois, à la place des plombs ; mais les bons ouvriers ne se servent de boulets que pour arrêter les glaces, & non pour les charger. Savary. (D. J.)

Plomb, en terme de Marchand de modes, est une espece de coffret de bois garni d’un tiroir, couvert d’une étoffe quelconque, & terminé en dos-d’âne en dessus, lequel est chargé de plomb pour l’appesantir, de son pour y piquer les épingles ou aiguilles, & d’un cordon attaché à chaque bout, devant & derriere le plomb, qui sert de poignée pour le prendre & les transporter. Ces sortes de plombs servent à retenir l’ouvrage qu’on travaille, soit en les plaçant dessus, soit en attachant des ouvrages creux.

Plomb de Monoyage, sert à l’affinage de l’argent, & cet affinage s’éxécute dans une grande coupelle que l’on fait dans un fourneau, couvert d’un chapiteau de brique pour déterminer la flamme à réverbérer sur les matieres, ce qu’on appelle feu de réverbere. On chauffe ce fourneau par un grand feu de bois. & l’on met du plomb dans la coupelle, à proportion de la quantité & de la qualité des matieres à affiner. Quand le plomb a bouilli quelque tems, on jette les matieres dans la coupelle, ce qu’on appelle charger la coupelle ; & quand elles ont bouilli, on se sert d’un gros soufflet pour souffler la surface des matieres, afin de les faire tourner & circuler, & qu’en circulant elles chassent la litharge ou l’impureté des métaux qui vient en écume au bord de la coupelle ; cette écume coule par un conduit que l’on fait au bord de la coupelle, & l’échancrant en un endroit, on continue le vent du soufflet jusqu’à ce que l’argent ait paru de couleur d’opale, ce qui fait connoître


que tout l’impur en a été chassé, & que l’argent est pur, c’est-à-dire, à onze deniers dix-neuf à vingt grains.

Plomb mineral, (Poterie.) Il y en a de diverses sortes ; celui que l’on nomme ordinairement alquifoux, n’a autre usage en France que pour les Potiers-de-terre qui s’en servent, après l’avoir pulvérisé, à vernir leur poterie. (D. J.)

Plomb blanchi, (Plomberie.) Les Plombiers appellent du plomb blanchi, les tables de plomb qu’ils ont étamées ou colorées avec de l’étain, de même que le fer blanc. Dans les bâtimens neufs, les Plombiers sont obligés, suivant l’article 33 de leurs nouveaux statuts, d’employer du plomb blanchi sur les enfaîtures, énusures & amortissemens, chesneaux, cuvettes, tuyaux de descente, & autres endroits qui sont en vue.

Le plomb en culot est du vieux plomb qui a servi, & qu’on a fait refondre & épurer dans une poële de fer. On lui donne le nom de plomb en culot, à cause de la forme ronde de culot, que le fond ou cul de la poële lui a donnée, ou pour le distinguer du plomb neuf, qui s’appelle du plomb en saumon, ou navette. Il est défendu en France à toutes personnes autres que les maîtres Plombiers, d’acheter, fondre, & mettre en culot les vieux plombs.

Plomb en poudre, (Arts méchan.) Les Potiers-de-terre s’en servent au lieu de l’alquifoux, ou plomb minéral pour vernir leurs ouvrages. Il se fait en jettant du charbon pilé dans du plomb bien fondu, & en les remuant long-tems. Pour en séparer le charbon, l’on n’a qu’à le laver dans l’eau, & le faire sécher. Les Potiers se servent aussi de la cendre ou écume de plomb, qui n’est autre chose que les scories du plomb que l’on a purifié pour quelque usage, ou qu’on a employé pour faire du même plomb, & de la dragée. Dict. du Comm.

Plomb en table, (Plomberie.) plomb fondu & coulé de plat sur une longue table couverte de sable bien uni. Sa largeur ordinaire est depuis quinze pouces de roi, jusqu’à soixante & douze, & son épaisseur plus ou moins forte, suivant les choses à quoi il peut être destiné.

Les maîtres Plombiers sont tenus, suivant l’article 35 de leurs statuts, de jetter le plomb en table avec telle égalité, que tous les bouts, endroits & côtés soient d’une épaisseur pareille, sans qu’ils en puissent vendre, ni mettre en œuvre, qu’elles ne soient débordées, c’est-à-dire, que les deux côtés ou bords des tables n’ayent été coupés, & unis avec la plane, qui est un outil tranchant, propre à cet usage. Savary. (D. J.)

Plomb, terme de Saline, espece de chaudiere plate & quarrée, & faite de plomb, dans laquelle on travaille au sel blanc dans les salines de Normandie. Chaque plomb est environ de trois piés de long, de deux de large, & de six pouces de profondeur ; quatre plombs font une saline. (D. J.)

Plomb qui sert à rouler les étoffes de soie. Ce qu’on appelle communément plomb à rouler, est une caisse de bois très-forte, de huit pouces de large sur deux piés de long, de la hauteur de quatre pouces, dans laquelle on met environ cent livres de plomb ; cette caisse bien apée, est enveloppée de peau de veau, & bien rembourrée. Il y a d’un côté deux fers, au bout desquels il y a deux roulettes, & de l’autre deux poignées, avec lesquels on souleve cette machine ; & au moyen desdites roulettes, une personne seule la fait mouvoir d’un bout d’une banque à l’autre, & ensuite on la laisse aller sur l’étoffe qui est étendue sur cette banque ; ensuite on roule l’étoffe à l’autre bout de banque sur un plateau, & à mesure que l’étoffe se roule sur le plateau, le plomb avance du bout de la banque à l’autre, & au moyen des rou-