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Bouchel (Jean) s’est fait honneur par ses annales d’Aquitaine, qui subsistent encore, au lieu que tous ses ouvrages en vers sont tombés dans l’oubli.

Nadal (Augustin) étoit de l’académie des inscriptions & belles-lettres, où il a donné quelques mémoires assez intéressans ; celui des vestales a été imprimé à part. Il a aussi composé des tragédies, mais qui n’ont point eu de succès ; il entra dans l’état ecclésiastique, & mourut dans son pays natal en 1740 à soixante-six ans.

Quintinie (Jean de la) né en 1626, a la gloire d’avoir créé en France l’art de la culture des jardins, perfectionné depuis en Angleterre & en Hollande. J’ai fait ailleurs l’éloge de cet habile homme dans son art ; j’ajouterai seulement ici que ses talens furent récompensés magnifiquement par Louis XIV.

Aux hommes de lettres dont on vient de lire les noms, je joins deux muses de Poitiers, célebres dans leur patrie au seizieme siecle ; je veux parler de Catherine des Roches & de sa fille, qui l’un & l’autre composerent divers ouvrages en prose & en vers. Leur maison, dit Scevole de Sainte-Marthe, étoit une académie d’honneur, où tous ceux qui faisoient profession des sciences & des lettres, étoient accueillis ; ces deux dames vécurent ensemble dans la plus étroite union, jusqu’au moment où la peste qui ravagea Poitiers en 1587, termina leur vie dans un même jour. (Le Chevalier de Jaucourt.)

POITOU, le, (Géog. mod.) province de France, bornée au nord par la Bretagne & l’Anjou ; au midi, par l’Angoumois & la Saintonge ; au levant, par la Touraine, le Berri & la Marche ; au couchant, par la mer de Gascogne. Elle a 75 lieues du levant au couchant, & 25 du midi au nord.

Le Poitou comprend deux évêchés, celui de Poitiers & celui de Luçon ; il se divise en haut & en bas. Le haut Poitou est la partie orientale, qui touche à la Touraine & au Berri. Le bas Poitou est la partie occidentale, qui confine avec l’Océan & le pays Nantois.

Quant au temporel, le Poitou est du ressort du parlement de Paris, & il n’y a qu’un seul présidial établi à Poitiers, mais qui est d’une grande étendue. Le Poitou se divise, par rapport aux finances & aux impositions, en neuf élections.

Il y a un gouverneur général & deux lieutenans de roi pour le haut Poitou ; & un lieutenant-général avec deux lieutenans de roi pour le bas Poitou. Le siége d’Amirauté est établi aux sables d’Olonne, & le bureau des finances se tient à Poitiers.

Cette province produit du blé, nourrit quantité de bestiaux, & fait d’ailleurs peu de commerce. La Vienne & la Sevre Niortoise, sont les deux seules rivieres navigables. Le Clain l’étoit autrefois de Poitiers à Chatelleraut ; cette navigation seroit facile à rétablir.

Le Poitou & Poitiers sa capitale, ont pris leur nom des anciens peuples, Pictavi, qui étoient célebres entre les Celtes du tems de Jules-César, & ensuite Auguste les attribua à l’Aquitaine. Leur territoire étoit de beaucoup plus grande étendue que n’est le Poitou, parce qu’il comprenoit celui des Cambolectres Agesniates qui leur étoient joints, comme Pline l’assure ; & outre cela, les Poitevins s’étendoient jusqu’à la riviere de Loire, qui les séparoit des Nantois, comme nous l’apprenons de Strabon.

Du temps qu’Ammien Marcellin faisoit la guerre dans les Gaules, il n’y avoit alors qu’une Aquitaine dont le Poitou faisoit partie ; mais sous l’empire de Valentinien I. l’Aquitaine ayant été divisée en deux, le Poitou fut attribué à la seconde, & soumis à la métropole de Bordeaux.

Après l’invasion des Barbares dans les terres de l’empire Romain, au cinquieme siecle, les Visigots


se rendirent les maîtres du Poitou, que les Francs conquirent lorsque Alaric eut été tué en bataille par Clovis, près de Poitiers.

On voit dans Grégoire de Tours, & les autres anciens monumens de notre histoire, que par le partage qui fut fait de l’Aquitaine, entre les fils & petit-fils de Clovis ; le Poitou obéissoit aux rois d’Austrasie, qui jouirent toujours de ce pays jusqu’au tems de Childeric II, lequel réunit les deux royaumes. On ne trouve point que les Poitevins ni les autres Aquitains se soient séparés de l’obéissance de ces rois & de leurs maires, avant la mort de Pepin le Gros ; c’est dans ce tems-là, qu’on voit qu’Eudes étoit duc de l’Aquitaine, dont il se maintint toujours en possession, nonobstant les efforts de Charles Martel, aussi bien que Hunaud, fils d’Eudes ; mais Gaifre, fils de Hunaud, ayant été attaqué par Pepin, perdit les états & la vie.

Ce roi, pere de Charlemagne, se rendit maître du Poitou, qui fut gouverné sous les Carlovingiens par plusieurs comtes qui n’étoient que de simples gouverneurs. Enfin, les rois de cette race ayant perdu leur autorité, ce fut sous Louis d’Outremer, que Guillaume s’empara de Poitiers, dont il fut fait comte par le roi Louis d’Outremer, aussi-bien que de Limoges, d’Auvergne & du Vélay.

Ses successeurs acquirent ensuite les pays qui sont entre la Garonne & les Pyrénées, avec la ville de Bordeaux. Le dernier duc d’Aquitaine eut une fille & unique héritiere, nommée Aliénor ou Eléonor, qui ayant été répudiée par Louis le jeune, roi de France, son premier mari, épousa Henri, roi d’Angleterre, & lui apporta en mariage le Poitou avec ses autres grands états, qui furent conquis pour la plûpart sur Jean Sans-terre par Philippe Auguste.

Alphonse son petit-fils, frere de S. Louis, eut le Poitou en partage, & Henri III. roi d’Angleterre, céda cette province à la France, par le traité de l’an 1259. Philippe le Bel donna le comté de Poitou à son fils Philippe, dit le Long, qui fut roi de France, cinquieme du nom. Il ne laissa que trois filles, pour l’aînée desquelles Eudes, duc de Bourgogne, demanda le Poitou, mais il ne put venir à bout de ses prétentions ; & ce pays ayant été conquis après la défaite & la prise du roi Jean par les Anglois, il leur fut cédé en toute souveraineté par le traité de Brétigny.

Après la mort du roi Jean, Charles V reconquit le Poitou, qu’il donna à son frere Jean, duc de Berry, pour lui & ses successeurs mâles. Ce duc n’eut que des files, & après sa mort, Charles VI donna le Poitou à son fils Jean, qui mourut jeune & sans enfans ; depuis ce tems-là, le Poitou n’a pas été séparé du domaine. (Le Chevalier de Jaucourt.)

Poitou, Colique de, (Medec.) Voyez Colique de Poitou, ou plutôt lisez Tronchin, de colica Pictonum, Genevæ 1757. in-8° vous y trouverez sur ce sujet, l’exposition abregée d’une profonde théorie, & l’indication d’une vraie méthode curative, dont la ville d’Amsterdam n’oubliera pas sitôt les brillans succès. Je sais qu’on a donné à Paris de faux exposés de cet excellent livre, indépendamment de quelques libelles injurieux, mais les chansons satyriques étoient à Rome du cortege des triomphateurs. On n’appliquera pas du-moins à l’auteur de l’ouvrage sur la colique de Poitou, l’extrait du vaudeville qui fut fait par Vintidius Bassus : mulos qui fabricat, ecce consul factus est ; aussi les princes, les rois & les fils des rois, n’ont pas dédaigné d’attacher quelques guirlandes de fleurs au chapeau de M. Tronchin. (D. J.)

POITRAIL, (Maréchal.) partie du cheval, comprise entre ses deux épaules au-dessous de l’encolure. La mauvaise qualité du poitrail est d’être trop serré, il faut qu’il ait une largueur proportionnée à la figure & à la taille du cheval.