Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 13.djvu/39

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côté sur un poinçon B, & de l’autre sur l’extrémité d’un entrait C, soutenus dans leur milieu de liens & contrefiches D ; l’entrait est aussi soutenu de trois semelles E, dont celles de l’extrémité sont appuyées sur des jambes de forces F & contrefiches G, entretenues de liens H, & celles du milieu sur un assemblage de pieces de bois composé de sous-entrait I, sous-contrefiches K, & liens en chevrons de ferme L ; sur les chevrons de ferme A, & sur les jambes de force F sont appuyés des supports ou liens M, qui soutiennent des especes de chevrons courbes N, sur lesquels sont placées des pieces de bois O en longueur, pour soutenir les voussoirs P ; l’extrémité de cet assemblage de charpente est posée de part & d’autre sur des pieces de bois horisontales Q, appuyées sur des pieux R lorsque ce sont des arcades de ponts, ou sur des corniches, consolles & autres saillies, lorsque ce sont des voûtes.

La fig. 113 est un ceintre de charpente surbaissé, qui quoique différent des précédens n’en est pas pour cela moins solide ; c’est un assemblage de charpente composé de chevrons de ferme A, assemblés à tenon & mortaise d’un côté dans un poinçon B posé sur une petite pile de maçonnerie fondée lorsque ce sont des arcades de ponts, ou sur quelqu’autre chose de solide, lorsque ce sont des voûtes, & de l’autre dans un entrait C soutenu dans le milieu de liens en supports d ; l’entrait est assemblé à tenon & mortaise dans le poinçon B, & soutenu sur sa longueur de jambes de force F, grandes contrefiches G, entretenues ensemble de liens H & de petites contrefiches g ; sur les chevrons de ferme A & les jambes de force F, sont appuyés des liens ou supports M qui soutiennent des chevrons courbes N, sur lesquels sont posés des pieces de bois O en longueur, pour soutenir les voussoirs P. L’extrémité de cette charpente est appuyée comme la précédente de part & d’autre sur des pieces de bois horisontales Q, posées sur des pieux R lorsque ce sont des arcades de ponts, ou sur des corniches, consoles & autres saillies, lorsque ce sont des voûtes.

La fig. 114 est un autre ceintre de charpente des plus surbaissés, fait pour la construction d’une arcade ou voûte d’une grande largeur, composé de chevrons de ferme A, assemblés partie dans les poinçons B, posés sur des petites piles de maçonnerie fondées S lorsque ce sont ces arcades de ponts, ou sur quelque autre chose de solide, lorsque ce sont des voûtes, & partie dans un entrait C, liés & entretenus ensemble avec des liens en supports d ; l’entrait C est aussi assemblé dans les poinçons B, soutenus de jambes de force F & grandes contrefiches G, entretenus ensemble de liens H & de petites contrefiches g ; sur les chevrons de ferme A & les jambes de force F, sont appuyés des liens ou supports M pour soutenir des chevrons courbes N, sur lesquels sont posés des pieces de bois O en longueur, pour soutenir les voussoirs P. L’extrémité de cette charpente est appuyée comme les autres des deux côtés sur des pieces de bois horisontales Q, posées sur des pieux R lorsque ce sont des arcades de ponts, ou sur des corniches, consoles & autres saillies, lorsque ce sont des voûtes.

Il faut observer ici que les charpentes dont nous parlons, quoique semblables dans leurs principe, sont bien différentes selon ce qu’elles ont à porter ; car lorsqu’elles sont destinées pour des arcades, elles ne peuvent que tenir lieu de ferme (nous avons vu ci-devant ce que c’étoit qu’une ferme) qu’on appelle en ce cas travée ; il faut réitérer ces travées de six, neuf ou douze en douze piés de distance l’une de l’autre, selon le poids de leurs voussoirs ; c’est alors que sur leurs chevrons courbes N & sous chaque voussoir P, l’on pose des pieces de bois O qui vont de l’une à l’autre travée ; & lorsqu’elles sont desti-


nées à porter des voûtes de quelque forme qu’elles soient, on fait des travées en plus ou moins grande quantité, selon la grandeur des voûtes, mais dont le milieu de chacune vient aboutir & s’assembler dans un poinçon central. C’est à un charpentier intelligent qu’il appartient de les distribuer à propos, selon l’exigence des cas.

Des ponts de bois. Quoique les ponts de bois ne soient pas d’une aussi parfaite solidité que ceux de pierre, ils ne laissent pas cependant que d’avoir leur avantage particulier ; premierement en ce qu’ils ne sont pas longs à construire, deuxiémement en ce qu’ils coutent peu, sur-tout dans les pays où le bois est commun ; on les divise en deux especes, l’une qu’on appelle pont de bois proprement dit, & l’autre pont de bateau ; les premiers fondés pour la plûpart comme ceux de pierre, sur des pilotis placés dans le fond des rivieres, sont de plusieurs especes ; la premiere appellée pont dormant, sont ceux qui étant construits, ne peuvent changer de situation en aucune maniere, raison pour laquelle on les appelle dormans ; la deuxieme appellée pont-levis, sont ceux qui placés à l’entrée d’une ville de guerre, château, fort, ou autre place fortifiée, se levent pendant la nuit, ou à l’approche de l’ennemi ; la troisieme appellée pont à coulisse, sont ceux qui placés aux mêmes endroits que les précédens, & employés aux mêmes usages, se glissent en roulant sur des poulies ; la quatrieme appellée pont tournant, sont ceux qui tournent sur pivot en une ou deux parties ; la cinquieme & derniere, appellée pont suspendu, sont ceux que l’on suspend entre deux montagnes où il est souvent impossible d’en pratiquer d’une autre maniere pour communiquer de l’une à l’autre.

Des ponts dormans. Les ponts dormans se font d’une infinité de manieres, grands ou petits, à une ou plusieurs arches, selon la largeur des rivieres ou courans des eaux, forts ou foibles, selon la rapidité plus ou moins grande de leur cours, & les charois qui doivent passer dessus.

La fig. 115. est un pont de cette derniere espece exécuté en Italie, par l’architecte Palladio, de 16 à 17 toises d’ouverture d’arches ; appuyé de part & d’autre sur des piles de pierre A, ayant six travées éloignées l’une de l’autre, d’environ 16 à 17 piés, composée chacune de deux sommiers inférieurs a, d’environ 12 pouces de grosseur ; un supérieur b & deux autres contrebutans c, assemblés par un bout dans le sommier inférieur a, & moisé en d par l’autre ; les sommiers supérieurs sont soutenus de poinçons e, contrebutés à leur sommet de contrefiches f.

La fig. 116. est un pont que quelques-uns prétendent avoir été exécuté en Allemagne singulierement à Nerva en Suede. Palladio assure le contraire, néanmoins il est d’une assez bonne construction, ayant, comme le précédent, plusieurs travées appuyées par leurs extrémités sur des piles de maçonnerie A, composées chacune de sommiers inférieurs a, sommiers supérieurs b, moises d, contrebutées de contrefiches f ou croix de saint-André g.

La fig. 117. est un pont exécuté à Lyon sur la riviere de Saône, ayant trois arches ; celle du milieu de 15 toises d’ouverture, & les deux autres de 12, avec plusieurs travées, dont l’extrémité B de celles des petites est posée sur une pile de maçonnerie A, & l’autre C sur une poutre h appuyée sur une file de pieux, faisant partie d’une seconde palée ; ces travées sont composées de sommiers inférieurs a, sommiers supérieurs b, sommiers contrebutans c, moises d, contrefiches f, & croix de saint-André g ; les palées sont composées chacune de plusieurs files de pieux i & k, recouvertes de plate-formes ou madriers l pour les conserver, surmonté d’un sommier a, & de contrefiches d.