Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 13.djvu/811

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bo, dans le royaume de Quiloa ? Il semble que cela cadre beaucoup mieux avec la position que Ptolomée & M. de Lisle lui-même donnent au cap Raptum, que le dernier de ces géographes place vers le 10e degré de latitude-sud.

Il est étonnant que M. de Lisle ait placé la ville de Rapta, & l’embouchure du fleuve Raptus, 7 degrés au moins en-deçà du cap, c’est-à-dire, entre le 2e & le 3e degré. La distance est assurément trop forte ; Ptolomée ne la fait que d’un degré 25 minutes, & c’est à-peu-près celle qui se trouve entre l’embouchure du Cuabo & le cap Delgado, qui en ce cas seroit le cap Raptum. Il y a encore une raison qui favorise cette conjecture, c’est que Ptolomée dit que depuis l’Arabie heureuse jusqu’au cap Raptum, on fait voile au sud-ouest, mais que de-là au cap Prassum, on tire au midi & à l’orient : or, du cap Delgado à Mosambique, qui est le cap Prassum, la côte ne va plus au sud-ouest comme auparavant ; elle court droit au sud. (D. J.)

RAPUNTIUM, s. m. (Botan.) genre de plante dont la feuille & le fruit ressemblent à la campanule. La fleur est monopétale, divisée en plusieurs segmens, & renfermée dans une gaine. Tournefort compte seize especes de ce genre de plante dont les fleurs nommées fleurs cardinales sont cultivées par les curieux, à cause de leur beauté. La premiere espece surtout, qui est la grande, l’emporte sur toutes les autres par l’éclat de sa couleur rouge. Il y en a aussi de très-belles à fleurs bleues, à fleurs blanches, à fleurs d’un jaune doré, à fleurs pourpres, à fleurs violettes, les unes simples, les autres doubles.

RAPURE, s. f. est la réduction d’un corps dur comme le bois en poudre, ou en petites particules ; telle est la rapure de corne de cerf & du bois de gayac.

RAPUROIR, s. m. (terme de Salpétrier.) vaisseau ou futaille de bois ou de cuivre, dont se servent les Salpétriers pour mettre le salpêtre de la premiere cuite. (D. J.)

RAQUE ou Pomme de racage ou Caracolets, (Marine.) c’est une boule percée, qui sert à faire un racage. Voyez Racage.

Raque, épithete qu’on donne à un cordage gâté, écorché ou coupé.

Raque de haubans, raque qu’on met dans les grands haubans, & dans les haubans de misaine où paisent les cargues, les bras, &c.

Raque gougée, c’est une raque à laquelle on fait une échancrure sur le côté, telle qu’on y peut faire entrer une corde d’une moyenne grosseur.

Raque encochée, raque gougée qui a une croche tout-autour, dans laquelle on passe le bitord, qui sert à l’amarrer.

RAQUER, (Marine.) c’est se gâter. On dit que deux cables se raquent, quand ils se touchent, & s’écorchent en se frottant.

RAQUETTE ou Carcasse, s. f. (Hist. nat. Bot.) opuntia, genre de plante à fleur en rose, composée de plusieurs pétales disposés en rond. Le calice de cette fleur devient dans la suite un fruit charnu & ombilique, qui n’a qu’une capsule, & qui renferment des semences faites le plus souvent en forme d’anneau. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Raquette, (Botan. exot.) espece de figuier d’Inde, qui croît aux îles Antilles, & que nos voyageurs nomment aussi poirier piquant ; c’est cette espece d’opuntia nommé par J. Bauhin, opuntia vulgò herbariorum. Voyez Opuntia & Figuier d’Inde.

La raquette est un arbrisseau haut communément de dix à douze piés ; on l’appelle raquette aux îles, à cause que ses feuilles sont épaisses, rondes, & piquées comme une raquette de paulme, sans cependant que les trous traversent. Son fruit est de la gros-


seur & de la figure d’une noix verte ; on le pele pour le manger. Les François le nomment pomme de raquette, & les Espagnols higos de tuna.

Raquette, (Hist. mod.) instrument propre à jouer à la courte paume ou au volant. C’est une palette faite ordinairement d’un treillis de cordes de boyaux de chat, fort tendue & montée sur un tour de bois qui a un manche de médiocre longueur. Voyez Paume.

Ce mot est dérivé, si l’on en croit Menage, du bas latin retiquetta, diminutif de rete, reticulum, rézeau.

Pasquier observe que de son tems les raquettes étoient une invention toute récente, qu’auparavant on ne jouoit à la paume qu’avec la main, & que le nom de ce jeu venoit de ce qu’on y poussoit la bale avec la paume de la main, comme le pratiquoient les anciens ; cependant ceux-ci donnoient à ce jeu le nom de pila, & à la paume de la main celui de vola, qui ne sont pas tout-à-fait semblables. Quant à la maniere de jouer, elle étoit effectivement telle que Pasquier l’assure. Voyez Sphéristique.

Raquette, sorte de chaussure dont on se sert en Canada pour marcher sur la neige.

Ces raquettes, dit le P. de Charlevoix (journal d’un voyage d’Amérique, lettre 14), ont environ trois piés de long, & quinze ou seize pouces dans leur plus grande largeur. Leur figure est ovale, à cela près, que l’extrémité de derriere se termine en pointe. De petits bâtons de traverse passés à cinq ou six pouces des deux bouts, servent à les rendre plus fermes, & celui qui est sur le devant, est comme la corde d’une ouverture en arc, où l’on met le pié qu’on y assujettit avec des courroies. Le tissu de la raquette est de lanieres de cuir de la largeur de deux lignes, & le contour est d’un bois léger durci au feu. Pour bien marcher avec ces raquettes, il faut tourner un peu les genoux en dedans, & tenir les jambes écartées, de peur de se les blesser en les heurtant l’une contre l’autre. Il en coute d’abord pour s’y accoutumer ; mais quand on y est fait, on marche avec facilité, & sans se fatiguer davantage que si on n’avoit rien aux piés. Il n’est pas possible d’user de ces raquettes avec nos souliers ordinaires ; il faut prendre de ceux des sauvages, qui sont des especes de chaussons de peaux boucannés, plissés en-dessus à l’extrémité du pié, & liés avec des cordons.

RAQUETTIERS, (Paumier.) ouvriers qui fabriquent des raquettes. Les maîtres des tripots ou jeux de paume prennent la qualité de maîtres paumiers & raquettiers. Voyez Paumier.

RAQUETTON, s. m. (terme de paumier.) grande raquette dont les joueurs de paume se servent pour mieux garder ce qu’en termes de ce jeu on appelle le dedans.

RARASSA, (Géog. anc.) ville de l’Inde en-deçà du Gange. Ptolomée, l. VII. c. j. lui donne le titre de métropole, & la marque entre Gagasmira & Modura. Le nom moderne est Racanga, selon Ortelius. (D. J.)

RARE, adj. (Gram.) se dit des choses qui ne se voyent pas souvent ; un cas rare, une circonstance rare, un objet rare, un phénomene rare : des choses précieuses, un diamant rare, un esprit rare, une homme rare, un talent rare, tel que l’art de découper de M. Hubert de Geneve : des choses secrettes, de celles qui ont peu de matiere sous un grand volume. Voyez l’article suivant.

Rare, adj. corps rare, (Physique.) signifie un corps qui est poreux, dont les parties sont fort distantes les unes des autres, & qui par conséquent sous un grand volume, ne contient que très-peu de matiere. Voyez Raréfaction, Pore, &c.

En ce sens rare est opposé à dense. Voyez Densité. Plusieurs philosophes, tels que les Epicuriens, les