Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 14.djvu/361

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manæ d’Antonin, & l’Albinianæ de la carte de Peutinger. On a trouvé dans ce bourg des médailles de cuivre qui portent l’effigie de divers empereurs, de Tibere, de Néron, de Claude, de Domitien, d’Antonin, de Nerva, de Trajan & d’Anastase. (D. J.)

ROOT-GANS, s. m. (Hist. nat. Ornitolog.) Ce mot signifie une oie rouge. Les Hollandois l’ont donné à un oiseau aquatique des côtes de Spitzberg. Il a le bec court, recourbé & épais. Ses pates sont noires & garnies de trois ongles & d’une peau de la même couleur. Il n’est point rouge comme son nom l’indique, il est noir partout le corps, excepté sous le ventre qui est tout blanc. Il n’a pas non plus la forme d’un oie, mais il en a le vol. Sa queue est courte, & sa chair bouillie est d’un bon goût.

ROPICUM, (Géog. anc.) ville de l’île de Corse ; Ptolomée, l. III, c. ij. la marque dans les terres, auprès de Corsicum. Pinet pense que le nom moderne est Rogela. (D. J.)

ROPO, (Géog. mod.) grand village de l’Attique. Il est habité par des Grecs, & composé de plus de deux cens feux. Ce lieu est l’ancienne ville Oropos, ou Oropus, pour laquelle les Athéniens & les Béotiens ont eu de grandes contestations, parce qu’elle étoit sur leurs frontieres. Ropo est à deux milles de la mer, & à six du village de Marcopulo, & n’a aujourd’hui aucune marque d’antiquité. On trouve seulement à Sycamino, à quatre milles de Ropo, dans l’église d’Agioi-Saranda, l’inscription suivante, Ἀφροδίσιος Ζωπύρου Ὠρώπιος. C’est-à-dire : Aphrodisius, fils de Zopyrus. (D. J.)

ROPOGRAPHES, s. m. (Littérat.) nom qu’on donnoit dans l’antiquité à certains peintres, qui se bornoient à ne représenter que de petits sujets, comme animaux, plantes, paysages. Ce nom est dérivé des mots ῥόπος, jouet, babioles, ou marchandises de vils prix, de γράφω, j’écris, je peins.

On appelloit aussi ropographes, ceux qui dans les jardins tailloient les bouis, les ifs & les autres arbrisseaux touffus en figures d’hommes & d’animaux.

Ropographe, (Peint antiq.) peintre de paysages, d’arbres d’animaux, de ports de mers, & d’autres choses semblables ; ῥοπογραφία ripulæ, signifie dans Cicéron la variété des objets qui sont sur une côte. Il mande à Atticus, en parlant de Tusculum. & tamen hæc ῤωπογραφία ripulæ, videtur habitura celerem satietatem. Je crois cependant que je me lasserai bientôt du paysage de cette côte. (D. J.)

ROQUE, la (Géog. mod.) petite ville, ou plutôt bourg de France dans le Languedoc, au diocese de Nîmes.

Il y a une autre petite ville dans le Languedoc, diocèse de Castres, qu’on appelle Roque d’Olmez.

Il ne faut pas confondre ce dernier lieu, avec Roque Courbe, qui est du diocèse de Castres, mais sur l’Agoût. (D. J.)

ROQUEFORT de Marsan, (Géog. mod.) petite ville de France, dans la Gascogne, au diocèse d’Aire, sur la Douze, à 4 lieues au nord-est du mont de Marsan. (D. J.)

ROQUELAURE, s. f. (Gram.) sorte de manteau à manches larges, qu’on se jettoit sur les épaules, & qui se boutonnoit du haut en bas. Les redingotes ont succedé aux roquelaures.

Roquelaure, (Géog. mod.) petite ville de France, dans l’Armagnac, au diocèse d’Ausch. Elle a été érigée en duché-pairie en 1652, mais les lettres n’ont point été vérifiées. (D. J.)

ROQUEMADOUR, (Géog. mod.) petite ville de France, dans le Querci, au diocèse de Cahors, élection de Figeac. Elle doit son origine à une abbaye de l’ordre de saint Benoît, qui est aujourd’hui un chapitre, sous le titre de Notre-Dame. La manse abbatiale a été unie à l’évêché de Tulles. (D. J.)


ROQUEMAURE, (Géog. mod.) ville de France, dans le bas Languedoc, située près les bords du Rhône, au diocèse d’Avignon, à 2 lieues au-dessus de cette ville, sur un roc escarpé. Long. 22. 27′, latit. 43. 58′.

C’est dans cette ville que mourut le pape Clément V en 1314, après neuf ans de pontificat, pendant lesquels les factions Guelphe & Gibeline, nées des querelles du sacerdoce & de l’empire, subsistoient toujours comme un feu qui se nourrissoit par de nouveaux embrasemens. Clément V né en Gascogne, étoit du parti de Boniface VIII, qui l’avoit nommé évêque de Comminge, & puis archevêque de Bordeaux. Le cardinal d’Ostie l’éleva sur la chaire de saint Pierre, & son élection se fit à Pérouse en 1305. On l’appella le pape Gascon. Dès qu’il fut élu, il aima mieux transférer le saint siege hors d’Italie, & jouir en France des contributions payées alors par tous les fideles, que disputer inutilement des châteaux auprès de Rome.

Clément alloit de Lyon à Vienne en Dauphiné, à Avignon, menant publiquement avec lui la comtesse de Perigord, & tirant ce qu’il pouvoit d’argent de la piété des bonnes ames. Ce fut à Vienne qu’il convoqua en 1311 un concile général, dans lequel l’ordre des Templiers fut aboli & la guerre sainte résolue. Il mourut en allant à Bordeaux pour changer d’air.

On sait qu’il fût couronné à Lyon en présence de Philippe le Bel, de Charles de Valois, & de plusieurs autres princes. Cette cérémonie fut troublée par la chûte d’une muraille, laquelle étant trop chargée de peuple, s’écroula, tua Jean II duc de Bretagne, & Gaillard frere du pape. Le roi & Charles de Valois, furent blessés légerement. La tiare tomba de dessus la tête du pontife, & une des belles escarboucles de sa couronne se perdit. On conçoit bien, que cet accident fut remarqué comme un présage des malheurs qui affligerent la chrétiennété & l’Italie, durant ce pontificat. (D. J.)

ROQUER, v. act. (terme de jeu d’échecs.) c’est approcher le roc, ou, comme nous disons aujourd’hui, la tour auprès du roi, & passer le roi par-derriere, pour le placer à l’autre case joignante. On ne roque qu’une fois ; mais pour roquer, il faut n’avoir point remué le roi, ni la tour, & ne point passer ou se mettre en échec. (D. J.)

ROQUET, s. m. (Zoologie.) nom d’une espece de petit lézard d’Amérique, d’un brun rougeâtre, marqueté de taches jaunes & noires ; ses yeux sont vifs, étincelans, & ses jambes sont d’une longueur remarquable pour un si petit animal ; il porte la tête toujours droite, & la queue communément recourbée en demi-cercle sur le dos. Il n’est point sauvage, sautille légerement comme un oiseau, & est dans un mouvement perpétuel ; quand il est fatigué de ses courses, il ouvre la bouche, en tire sa langue, & halete comme les chiens ; c’est du moins ce qu’en rapporte Rochefort dans son histoire des îles Antilles. (D. J.)

ROQUETIN, s. m. (Soierie.) espece de petite bobine de bois, au milieu de laquelle on a pratiqué une moulure à deux bords pour recevoir ce qu’on y veut dévider. Il y en a une autre, où se pose la corde du contrepoids qui sert à mouvoir le roquetin, à le retirer à mesure qu’il se dévide, & à tenir tendu le fil qui porte dessus ; le roquetin ainsi que le rochet, est percé dans sa longueur, pour être traversé d’une broche sur laquelle il tourne & qui le tienne suspendu.

ROQUETTE, s. f. (Hist. nat. Botan.) eruca, genre de plante à fleur en croix, composée de quatorze pétales ; le pistil sort du calice, & devient dans la suite un fruit ou une silique composée de deux panneaux appliqués sur les bords d’une cloison mitoyenne qui