Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 14.djvu/743

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lin dans son Histoire ancienne, appelle le supplice des auges. Le mot scaphisme venant de σκάφη ou σκάφος, un esquif, petit vaisseau creux, & par similitude une auge, ou de σκάπτω, je creuse.

Ce supplice consistoit à mettre le criminel à la renverse dans une auge assez grande pour contenir son corps, & à laquelle on avoit pratiqué cinq échancrures pour laisser passer ses piés, ses mains & sa tête ; on le couvroit ensuite d’une autre auge égament échancrée, qu’on clouoit ou qu’on lioit fortement sur l’auge inférieure. Dans cette posture incommode, on lui présentoit la nourriture nécessaire, qu’on le forçoit de prendre malgré lui. Pour boisson, on lui donnoit du miel détrempé dans du lait ; & on lui en frottoit ensuite tout le visage, ce qui attiroit sur lui une quantité incroyable de mouches, d’autant plus qu’il étoit toujours exposé aux rayons ardens du soleil. Les vers engendrés de ses excrémens, lui rongeoient les entrailles au dedans. Ce supplice duroit ordinairement quinze ou vingt jours pendant lesquels le patient souffroit des tourmens indicibles.

Ceux qui attribuent l’origine de ce supplice à Parysatis mere d’Artaxerce Mnemon & du jeune Cyrus se trompent, puisqu’Artaxerce Longue-main, selon Plutarque, fit subir ce genre de mort à l’eunuque Mithridate pour crime de trahison.

SCAPHIUM, s. n. (Littérat.) Ce mot est assez équivoque dans les auteurs ; quelquefois, comme dans Plaute, il désigne une coupe à boire qui étoit faite en forme d’une petite gondole. Dans Vitruve, il signifie un bassin de métal, soit de cuivre, ou de plomb ; dans Martial, un bassin de chaise percée ; & dans d’autres auteurs, il signifie une espece de cadran, lequel outre les heures, montroit les solstices & les équinoxes. (D. J.)

SCAPHOIDE, terme d’Anatomie, est un os du pié, qu’on appelle autrement naviculaire. Voyez Naviculaire.

Ce mot est formé du mot σκάφη, barque, esquif, lequel vient de σκάπτω, creuser, parce qu’originairement les barques étoient faites de troncs d’arbres creusés, comme le sont encore les canots chez bien des peuples sauvages.

SCAPRIS ou SCABRIS, (Géog. anc.) port d’Italie, sur la côte de la Toscane. L’itinéraire d’Antonin le marque sur la route par eau de Rome à Arles, entre le fleuve Alma, dont il étoit éloigné de 6 milles, & le port Flesia, qui en étoit à 18 milles. Ortélius dit que ce port s’appelloit, de son tems, Scatino. (D. J.)

SCAPTESYLE, (Géog. anc.) c’est-à-dire la forêt coupée, petite ville de Thrace en tirant du côté de Thasus, selon Etienne le géographe, & Plutarque in Cimone, qui dit que ce fut l’endroit où Thucydide écrivit l’histoire de la guerre des Athéniens contre les habitans du Péloponnèse.

Ortelius soupçonne que Scaptésyle pourroit être le même que Scaptensula, où selon Festus il y avoit une mine d’argent : il met pourtant Scaptensula dans la Macédoine ; mais la Macédoine étoit voisine de la Thrace. Le mot Scaptensula, ajoute Festus, vient du grec σκάπτειν, qui veut dire creuser, fouiller dans la terre. Lucrece, l. VI. parlant des dangereuses exhalaisons auxquelles sont exposés ceux qui travaillent aax mines d’or & d’argent, cite pour exemple la mine de Scaptensula.

Quales expiret Scaptensula subter odores.

(D. J.)

SCAPTIA, (Géog. anc.) ville d’Italie, dans le Latium. Pline, liv. III. ch. v. la met au nombre des villes qui avoient été célebres, & qui se trouvoient détruites de son tems. Festus dit que les habitans de


Pedo s’étoient établis dans la ville de Scaptia. Il ajoute que cette derniere ville donna le nom à la tribu Scaptia, d’où les peuples de cette ville furent appellés tribules scaptienses, comme on le voit dans Suetone in Aug. c. xl. l’origine de cette tribu est rapportée par Tite-Live, liv. VIII. ch. xvij. (D. J.)

SCAPULAIRE, s. m. (Hist. eccles.) est une partie de l’habillement de différens ordres religieux. Il consiste en deux bandes d’étoffe larges d’environ un pié, dont l’une passe sur l’estomac & l’autre sur le dos ou sur les épaules, d’où lui est venu ce nom, car scapula signifie l’omoplate. Les religieux profes laissent pendre le scapulaire jusqu’à terre, & les freres lais jusqu’aux genoux seulement. Saint Benoît dans sa regle donne un scapulaire à ses moines pour le travail. Il étoit beaucoup plus large & plus court qu’il n’est aujourd’hui, & il servoit, comme le porte le nom, à garnir les épaules pour les fardeaux, & à conserver la tunique. On ne portoit alors le scapulaire que pendant le travail ; mais depuis les moines l’ont regardé comme la partie la plus essentielle de leur habit, & en ont changé l’ancienne figure. Fleury, mœurs des Chrét. n°. 54.

Scapulaire, est aussi une dévotion introduite dans l’église romaine par Simon Stock, qui fut général des carmes vers le milieu du treizieme siecle. Elle consiste pour les religieux à porter le scapulaire, & pour les laïcs, à porter aussi sur eux une espece de brasselet ou de morceau d’étoffe sur laquelle est brodé le nom de la Vierge & à en réciter l’office à certains jours, avec quelques autres pratiques de dévotion.

Simon Stock, instituteur de ces pratiques, assura que dans une vision la sainte Vierge lui avoit donné le scapulaire, comme une marque de sa protection spéciale envers tous ceux qui porteroient ce petit habit, qui garderoient la virginité, la continence ou la chasteté conjugale selon leur état, & qui réciteroient le petit office de Notre-Dame. Le docteur de Launoy traite cette apparition d’imposture, & les bulles des papes qu’on cite en sa faveur de pieces supposées ; il remarque que les carmes ne commencerent à porter le scapulaire que long-tems après l’époque qu’on fixe pour cette apparition. Le pape Paul V. en retranchant plusieurs abus qui s’étoient glissés dans cette dévotion, la permet cependant en substance, ce qui auroit dû engager M. de Launoy à parler avec plus de réserve d’une pratique pieuse autorisée par le saint siége.

Scapulaire, adj. en Anatomie, ce qui a relation avec l’omoplate appellée en latin scapula. Voyez Omoplate.

L’artere scapulaire externe vient de l’axilloïde, & passe sur la charniere de la côte supérieure de l’omoplate pour se distribuer aux muscles qui sont aux environs.

L’artere scapulaire interne vient de l’axilloïde, & se distribue principalement au muscle sous-scapulaire, en donnant qulques rameaux aux parties circonvoisines.

Scapulaire, s. m. terme de Chirurgie, espece de bandage dont on se sert pour soutenir la serviette qui entoure la poitrine ou le bas-ventre. C’est une bande large d’environ demi-aune, longue de quatre doigts, fendue dans le milieu pour y passer la tête, & dont les deux bouts pendent, l’un par-devant, & l’autre par-derriere, & s’attachent à la serviette par des épingles, pour l’empêcher de descendre. Voyez fig. 1. Pl. XXX. (Y)

SCARABÉE, s. m. (Hist. nat.) petit insecte, espece d’escarbot, dans laquelle on place le cerf-volant & les autres semblables.

SCARAMOUCHE, s. m. (Gramm.) bouffon, habillé de noir depuis la tête aux piés, en toque noire,