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nopétale campaniforme. Il s’éleve du calice un pistil qui devient dans la suite un fruit en forme de flacon, qui s’ouvre d’un bout à l’autre en cinq parties, & qui est rempli de semences rondes revêtues d’un duvet fort doux, & adhérentes à un placenta de figure pyramidale à cinq côtés. Plumier, nova plant. Amer. gener. Voyez Plante. (I)

CEILAN, ZEYLAN ou CEYLON, (Géog.) île très-considérable d’Asie, dans la mer des Indes ; les Hollandois en possedent presque toutes les côtes, & le roi de Candi est maître de l’intérieur du pays, qui contient sept royaumes ; les insulaires se nomment Chingulais ; ils sont idolatres. Leurs mariages se sont d’une maniere assez extraordinaire ; c’est la fille qui choisit un mari, & qui fait ensuite part de son choix à ses parens, qui, lorsqu’ils l’approuvent, préparent un grand repas. Le fiancé va avec ses amis chez sa fiancée ; ils se lient les pouces ensemble, & vont ensuite se coucher ; ou l’homme tient un bout du linge de la femme, & le met autour de ses reins, la femme tient l’autre bout, on leur verse de l’eau sur la tête & sur le corps ; cela fait, ils vivent ensemble aussi long-tems qu’ils s’accordent. La premiere nuit des nôces est au mari, la seconde est pour son frere, & s’il a un troisieme ou quatrieme frere, jusqu’au septieme, chacun a sa nuit ; de cette maniere une femme suffit pour une famille entiere. Les Chingulais ont un soin extrème de ne jamais se mésallier, & ils poussent le scrupule si loin sur leur noblesse, qu’ils ne prendroient point la moindre chose, pas même un verre d’eau, chez un homme d’un rang inférieur au leur ; un homme du commun n’a pas la permission même de frapper à la porte de son supérieur. Les femmes qui sont convaincues d’avoir eu commerce avec quelqu’un au-dessous d’elles, sont punies de mort. L’île de Ceilan est fort abondante en canelle, gingembre, ivoire, pierres précieuses, camphre, &c. c’est la Taprobane des anciens.

CEINTES, PRECEINTES, PERCEINTES, CARREAUX, LISSES, (Marine.) ce sont de longues pieces de bois qu’on met bout à bout l’une de l’autre, en maniere de ceinture, dans le corps du bordage d’un vaisseau, pour faire la liaison des membres & pieces de charpente dont le corps du bâtiment est formé. Les ceintes sont posées les unes paralleles aux autres. Les matelots y trouvent une commodité, lorsqu’ils veulent monter dans le vaisseau, ou le nettoyer. Voyez, Planche I. la lettre o, dont on marque les ceintes telles quelles paroissent sur le corps du vaisseau.

Il y a des Charpentiers qui mettent quelques distinction entre ces différens cordons ou ceintes ; car ils appellent préceintes les trois plus basses ceintes, & nomment carreaux ou lisses, celles qui sont au-dessus, & la lisse de vibord est la plus élevée.

Les ceintes sont ordinairement de trois ou quatre pieces assemblées en écarts. Voyez, Planc. VI. fig. 38. la forme de cette piece de bois. Le plus souvent il y a deux préceintes au-dessous des sabords, & deux au-dessus. Quelquefois il y en a deux au-dessous, sans qu’il y en ait au-dessus.

Les ceintes font le même effet en dehors du vaisseau, que les serre-gouttieres font en dedans ; les unes & les autres servent à lier & affermir le bâtiment ; les vaisseaux qui ont beaucoup d’acastillage, ont plus de ceintes que les autres : en général le nombre des ceintes se regle sur la grandeur du bâtiment. Voyez dans la figure qui représente la coupe d’un vaisseau, la disposition des ceintes, Planche V. fig. premiere, premiere préceinte cottée 163 ; seconde préceinte, n°. 154 ; troisieme préceinte, n°. 165 ; quatrieme préceinte, n°. 166.

La plus basse préceinte doit avoir d’épaisseur la moitié de l’étrave, & de largeur, l’épaisseur entie-


re de l’étrave. Les ceintes qui sont posées plus haut diminuent un peu par proportion : mais lorsque les vaisseaux ont 170 piés de long de l’étrave à l’étambord, & au-dessus de 170 piés, on tient les préceintes de deux pouces plus minces que la moitié de l’étrave.

D’autres Charpentiers proportionnent les ceintes suivant la longueur du vaisseau, en leur donnant douze pouces de large quand le vaisseau a cent piés de long. Par chaque dix piés que le bâtiment a au-dessous de cent piés, ils ôtent aux ceintes un pouce & demi de largeur ; & par chaque dix piés que le bâtiment a au-dessus de cent piés, ils ajoûtent aux ceintes un demi-pouce de largeur.

Pour leur épaisseur, ils la font de la moitié de la largeur, ou un peu moins.

Ces dimensions ne sont point invariables ; chaque constructeur peut les changer, suivant ses lumieres ou ses principes : mais celles que nous venons de rapporter sont en général assez suivies.

Presque tous les grands vaisseaux ont deux couples, ou quatre préceintes au-dessous des sabords, sous la belle, c’est-à-dire à l’endroit où le vaisseau est le plus bas. La plus basse préceinte se doit trouver autant au-dessous du gros du vaisseau, qu’elle a de largeur (selon le sentiment de quelques-uns) & la seconde doit être placée au-dessus de cette premiere à la distance d’une ceinte & demie. Les fermures qui sont entre ces préceintes, & dans lesquelles les dalots sont presque toûjours percés, doivent avoir la même épaisseur que le franc bordage qui est au-dessous. Que si le vaisseau a trois basses préceintes, comme cela se pratique quelquefois, la troisieme doit descendre aussi bas sous la seconde, que la premiere est élevée au-dessus, & la premiere peut bien être un peu moins épaisse que la seconde. Quand on laisse trop de distance entre les préceintes, & que les couples sont fort larges, cela fait un effet desagréable. (Z)

CEINTRE ou CINTRE, s. m. (Architect. & coupe des pierres.) du mot cinctus, a deux significations, l’une pour la charpente, l’autre pour le contour de la voute qui a été formée sur la charpente. Dans la Charpenterie il signifie un assemblage de pieces de bois qui soûtiennent les ais & dosses sur lesquels on construit une voute avec des briques ou du moilon ou des pierres de taille, jusqu’à ce qu’étant fermée elle puisse se soûtenir sans ce secours. Dans la coupe des pierres, il signifie le contour arrondi de la surface intérieure d’une voute. Les cintres considérés par rapport à leurs figures sont de trois sortes : plein-cintre, c’est un demi-cercle entier ; anse de panier ou sur-baissé, voyez Sur-baissé ; & surhaussé, voyez Sur-haussé. (D)

Ceintre, outil de Charron, c’est une regle ou une barre de bois plate, qui sert aux Charrons pour mettre les roues a la hauteur qu’elles leur sont commandées. Cet outil n’ayant rien de particulier, il n’est pas nécessaire d’en faire la description.

CEINTRÉ, adj. en termes de Blason, se dit du globe ou monde impérial, entouré d’un cercle & d’un demi-cercle en forme de cintre.

Regard en Savoie, d’azur au globe d’or cintré & croisé de gueules. (V)

* CEINTURE, s. f. (Hist. anc. & mod.) lisiere de soie, de laine, de cuir ou d’autres matieres, que l’on attache autour des reins. L’usage en est ancien. Chez les Juifs, Dieu ordonna au grand-prêtre d’en porter une. Les Juifs étoient ceints lorsqu’ils célebroient la pâque, suivant l’ordre qu’ils en avoient reçû. Dès ce tems la ceinture servoit aussi de bourse. L’amplitude des habits Grecs & Romains en rendit l’usage nécessaire chez ces peuples. Ceux qui disputoient dans les jeux olympiques se ceignoient : mais vers la trente-quatrieme olympiade la ceinture leur fut inter-