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blanc de l’œil. Il n’y a quelquefois qu’une simple rétraction de la paupiere sans aucun renversement.

Cette affection est produite par diverses causes que nous tâcherons d’indiquer avec exactitude : 1° par le relâchement de la partie intérieure de la paupiere, à la suite d’un trop long usage de remedes émolliens, & quelquefois par la seule foiblesse du muscle orbiculaire dans l’âge avancé ; 2° par une grande inflammation seule ou suivie de quelque excroissance de chair au-dedans de la paupiere ; 3° par la paralysie de cette partie ; 4° par les cicatrices qui résultent de plaies, d’ulceres, de brûlures de cette partie, ce qui est fort ordinaire.

Disons encore que cet accident peut provenir de l’usage des remedes ophthalmiques violemment astringens, qui ont resserré & raccourci la peau ; de l’extirpation d’un tubercule, de la cautérisation des paupieres, enfin de l’accroissement contre-nature des parties charnues de la paupiere même.

Lorsque cette maladie procede d’un relâchement de la partie intérieure de la paupiere, à l’occasion d’un long usage de remedes émolliens, on tentera de corriger ce vice par les remedes fortifians, astringens & desséchans ; c’est aussi des liqueurs, des esprits, des baumes, & des onguens corroborans, qu’il faut attendre le plus de succès, lorsque la foiblesse ou le relâchement du muscle orbiculaire occasionne le rebroussement de la paupiere inférieure dans la vieillesse.

Quand ce mal provient d’une inflammation violente, suivie d’excroissances fongueuses & superflues au-dedans de la paupiere, on calmera d’abord l’inflammation par des remedes bien choisis ; ensuite si l’excroissance est petite, on tâchera de la consumer & de la dessécher par de doux cathérétiques : de cette maniere la difformité disparoîtra, & la paupiere se remettra dans son état naturel.

Si l’excroissance est grosse, vieille, dure (sans être néanmoins cancéreuse), on tentera de l’emporter, en prenant soigneusement garde d’offenser le corps de la paupiere. Pour cet effet on peut passer une aiguille enfilée au-travers de la base du tubercule. & former avec les deux bouts du fil une anse avec laquelle on élevera le tubercule, pendant qu’on le coupera petit-à-petit, ou avec le bistouri courbe, ou la lancette, ou la pointe des ciseaux. S’il reste quelque petite racine, on la consumera en la touchant légerement avec un caustique ; enfin on appliquera, pour dessécher, l’onguent de tuthie, ou quelques collyres dessiccatifs.

Si cependant le mal est invétéré, on n’a guere lieu de compter sur le succès d’aucun remede ; car alors les paupieres se font peu-à-peu à la distorsion, oublient, s’il m’est permis de m’exprimer ainsi, leur conformation naturelle, & ne peuvent plus y être ramenées. Enfin lorsque la distorsion est excessive, quoique récente, il ne faut point songer à l’opération.

Si le rebroussement est une suite de l’encanthis, de l’hypersarcose, du sarcome, il faut se contenter de traiter ces dernieres maladies, ainsi que nous l’indiquerons à leurs articles.

L’éraillement causé par des cicatrices à la suite de plaies, d’ulceres, de brûlures de cette partie, me paroît n’admettre aucun remede. Je n’ignore pas cependant les diverses méthodes d’opérer que les modernes conseillent, & par lesquelles ils prétendent guérir de tels éraillemens, en rétablissant la paupiere dans sa grandeur naturelle ; mais outre que toutes les opérations sur cette partie sont difficiles à exécuter pour le chirurgien, douloureuses & cruelles pour le patient, il arrive presque toûjours que, loin d’être avantageuses, elles ne font qu’augmenter la maladie.


L’éraillement de naissance, & l’éraillement causé par une paralysie de la paupiere, sont absolument incurables.

On voit encore une espece d’ectropium ou d’éraillement commun aux deux paupieres, par la solution de continuité de la peau ou des cartilages qui les bordent ; laquelle solution de continuité est ou un vice de la premiere conformation, ou la suite de la brûlure des cartilages, de leur coupure, & de l’opération de la fistule lacrymale.

Dans l’ectropium qui succede à la brûlure, la paupiere forme souvent une sorte de bec d’aiguiere ; dans celui-ci, qui est occasionné par la coupure du cartilage & de la peau qui le recouvre, la paupiere représente communément une espece de bec-de-liévre ; l’éraillement qui suit quelquefois l’opération de la fistule lacrymale, consiste dans la desunion des cartilages du côté du nez, ce qui donne lieu à l’extrémité du cartilage inférieur de s’enfoncer dans l’endroit opéré. En un mot, comme dans tous ces cas cette maladie a quelque rapport au bec-de-liévre, ou aux fentes, ou aux mutilations des oreilles & des aîles du nez, les Grecs appellent cette difformité κωλόσομα, & les François mutilation.

Quelque nom qu’on donne à cet accident, de quelque cause qu’il procede, soit de naissance, soit d’une brûlure, ou d’une blessure qui a coupé le cartilage & la peau ; pour peu que ce défaut soit considérable, tout le monde convient qu’on ne sauroit tenter de le guérir, sans rendre l’œil encore plus difforme. On le comprendra sans peine par l’éraillement qui succede à l’opération de la fistule lacrymale ; car alors il arrive que la cicatrice étant trop profonde, elle tire à soi le cartilage inférieur, & s’oppose à la réunion avec le supérieur.

Plusieurs auteurs croyent que quand la mutilation est une simple fente dans laquelle il n’y a rien d’emporte, on la peut guérir par une opération semblable à celle que l’on fait pour les becs-de-liévre ; Heister paroît être de cette opinion ; cependant quelque confiance que méritent ses lumieres, il est difficile de ne pas regarder toute mutilation comme incurable ; parce que la paupiere a trop peu d’épaisseur, pour pouvoir être retaillée, unie, consolidée, & remise dans l’état qu’elle doit avoir naturellement. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

ECTYPE, s. m. terme de Médailliste, c’est l’empreinte d’un cachet, d’un anneau ou d’une médaille, ou une copie figurée de quelqu’inscription ou autre monument antique. Voyez Type.

Ce mot est aujourd’hui peu usité dans ce sens, du moins dans notre langue françoise ; celui d’empreinte est plus en usage. (G)

Ectype craticulaire. Voyez Craticulaire & Anamorphose.

ECU de Sobieski, (Astronom.) constellation placée dans l’hémisphere austral assez proche de l’équateur, entre Antinoüs, le Sagittaire & le Serpentaire. On peut la voir dans les deux planispheres de M. le Monnier. Inst. astron. pag. 63. (O)

Ecu, s. m. (Art. milit. & hist. anc.) bouclier plus grand que les boucliers ordinaires & plus long que large, de sorte qu’il couvroit un homme presque tout entier. Il falloit qu’il fût bien grand chez les Lacédemoniens, puisqu’on pouvoit rapporter dessus ceux qui avoient été tués. De-là venoit cet ordre que donna une femme de Lacédemone à son fils qui partoit pour la guerre : ou rapportez ce bouclier, ou revenez dessus. Ce bouclier différoit de celui qui étoit appellé clypeus, en ce que ce dernier étoit rond & plus court, & que l’autre ou l’écu formoit une espece de quarré long. Voyez Bouclier & Armes. (Q)

Ecu, terme de Blason, qui se dit du champ où l’on pose les pieces & les meubles des armoiries. Il