Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 6.djvu/788

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verront plus distinctement dans la figure deuxieme : ce dernier, ainsi nommé par opposition aux gemeaux, sert à étendre le pié conjointement avec ces derniers & le plantaire, auxquels il s’unit pour ne faire qu’un seul tendon ; il vient d’entre les deux têtes de l’os de la cuisse G2.

Il reste encore à examiner dans la figure premiere le muscle droit H2, qui prend son origine à l’os pubis, & va s’insérer à côté du cartilage xiphoïde : il s’étend le long du ventre ; il est divisé en quatre & souvent en cinq parties, par de fortes intersections nerveuses, qui sont autant de bandes : ces intersections ne sont pas tout-à-fait également distantes : mais il y en a toûjours trois au-dessus du nombril ; & des trois parties qu’elles y font, celle du milieu est la plus grande : pour l’intersection qui est près du nombril, la nature ne la présente pas toûjours de même ; quelquefois elle se fait voir au milieu du nombril, quelquefois un peu au-dessus, ou même encore plus élevée ; & les deux premieres situations que je viens de lui assigner, se remarquent plus ordinairement dans les antiques.

Le grand dentelé I2 naît de toute la partie intérieure de la base de l’omoplate, & va transversalement s’insérer aux huit côtes supérieures ; il va quelquefois jusqu’à la neuvieme. Ce muscle finit par une dentelure qui lui a fait prendre son nom : ces dents sont au nombre de huit, dont quatre sont cachées sous le pectoral ; ce muscle se joint avec le muscle oblique externe K2 par digitation ; il sert à la respiration (voyez la figure du Laocoon) & se fait voir d’autant plus distinctement, que le corps agit avec violence, & se porte davantage du côté opposé. Dans les vieillards, dont la peau est moins adhérente au muscle, les dentelures sont moins marquées.

Voilà les muscles les plus intéressans de la figure vûe de face. Nous allons passer à la figure vûe par derriere.

Figure deuxieme de l’écorché. Dans cette deuxieme position de la figure, qu’en terme de Peinture on nomme écorché, on distingue premierement

Le trapese dont on ne pouvoit appercevoir qu’une très-petite partie à la lettre C de la figure premiere. Il prend son origine de la base du crane, de toutes les vertebres du col, des neuf épines supérieures des vertebres du dos ; il va s’insérer le long de l’épine de l’omoplate jusqu’un peu au-dessous de la clavicule. Ce muscle sert à fortifier l’action de quelques autres qu’il couvre ; il releve l’omoplate avec celui qu’on nomme le releveur propre : il la tire en arriere avec le rhomboïde & la baisse tout seul : il contribue principalement en passant par-dessus la base de l’omoplate à lui donner une certaine rondeur, qui dans l’Antinoüs antique forme les graces de cette partie de la figure.

Le deltoïde b dont j’ai déja parlé dans l’explication de l’autre figure, se voit encore ici. Il est triangulaire ; il prend son origine de toute l’épine de l’omoplate, de l’acromion, & de la moitié de la partie extérieure de la clavicule : il pousse le bras un peu en avant & en arriere, selon la direction de ses fibres.

Le sus-épineux c tire le bras en haut avec le deltoïde, & remplissant la cavité supérieure de l’omoplate, entre l’épine & la côte supérieure, ne fait souvent qu’une masse avec l’épine & une partie du trapeze ; il naît de la partie externe de la base de l’omoplate, depuis l’angle supérieur jusqu’à l’épine, & passant par-dessous l’acromion, il va s’insérer à la partie supérieure & antérieure de l’os du bras pour l’élever en-haut.

Le sous-épineux d fait mouvoir l’os du bras en bas, avec l’abaisseur propre & le très-large ; il prend son origine de la partie externe de la base de l’omoplate, qui se remarque depuis l’épine jusqu’à l’angle


inférieur, & va s’insérer à la partie supérieure & extérieure de l’os du bras.

L’abaisseur propre e prend son origine de la côte inférieure de l’omoplate, & va s’insérer à l’os du bras avec le très-large, avec lequel il ne fait qu’un même tendon ; son nom indique son usage, qui est d’abaisser le bras.

Au reste, ces 4 derniers muscles, le deltoïde, le sus-épineux, le sous-épineux, & l’abaisseur propre, sont d’autant plus à remarquer pour les artistes, que cet endroit du corps est un des plus difficiles à imiter avec justesse. On peut, pour rapporter le jeu de ces muscles aux effets extérieurs, le remarquer sur la nature même, dans les attitudes dans lesquelles ils agissent ; ou, si l’on veut consulter l’antique, le gladiateur offrira la juste image de leurs mouvemens ; mais ce qui seroit infiniment utile aux jeunes éleves, ce seroit de leur démontrer cette partie du bras sur l’écorché ; ensuite de faire agir le modele vivant, en le faisant passer successivement par tous les mouvemens qui se rencontrent, depuis l’abaissement du bras jusqu’à l’action d’élevation où le gladiateur a été composé : c’est ainsi qu’une instruction graduée, & une application des principes aux effets, suivie des preuves tirées des antiques, qui ont la réputation d’être les plus parfaits, donneroit infailliblement une connoissance approfondie & raisonnée.

Le très-large f vient de l’os sacrum, de la tête supérieure de l’os des îles, de toutes les vertebres des lombes, & des 6 ou 7 vertebres inférieures du dos ; il passe d’un côté, par-dessus l’angle inférieur de l’omoplate, où il s’attache en passant, & va retrouver l’os du bras, en se joignant avec l’abaisseur propre. Il tire le bras en-arriere, & en-bas obliquement du côté de son principe inférieur.

Une portion de l’oblique externe g, dont il a été question dans l’explication précédente à la lettre K2.

Le brachial h que nous avons expliqué à la lettre G de la fig. précédente.

Une portion & l’origine du long supinateur du radius i. Voyez la lettre k de l’explication précédente.

L’extenseur supérieur du carpe k. Voyez la lettre o de l’explication précédente.

l l’extenseur des doigts.

m l’extenseur du pouce.

n l’extenseur inférieur du carpe.

Tous ces muscles portent dans leur nom l’explication de leurs usages.

o le fléchisseur inférieur du carpe, voyez la lettre M de la premiere explication des muscles.

p portion d’un fléchisseur des doigts.

q & r les extenseurs du coude. Voyez la lettre H de l’explication premiere.

s l’os du coude appellé olecrane.

t le grand fessier. Il vient de l’os sacrum & de la partie latérale & postérieure de l’os des îles. Il va s’insérer par ses filets obliques, quatre doigts au-dessous du grand trochanter : il couvre le petit fessier & une partie du moyen. Sur quoi il faut remarquer qu’il y a trois fessiers, qui tous servent à étendre la cuisse. Le premier s’appelle le grand fessier, à cause de son étendue désignée par les chiffres 1, 2, 3, 4, 5.

La différence des actions de ce muscle se peuvent remarquer sur le gladiateur & l’Hercule ; on pourra les voir aussi sur l’Antinoüs & le Méléagre antique.

u portion du second fessier : ce second est en partie caché sous le premier.

x portion du membraneux. Voyez la lettre Q de la premiere explication.

y le vaste externe : voyez pareillement la lettre R de la premiere explication.

z le biceps : voyez la lettre Z de la premiere explication.

& le demi-nerveux, Ce muscle vient du même