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hauteur inégalement avancés, & que la matiere dont ils sont pleins soit lente, ensorte que les étincelles retombent sans être poussées loin, leur feu représentera une cascade.

Si les dégorgemens sont des ouvertures larges & plates, & que les tuyaux se touchent, leur feu représentera une nappe d’eau dont le bassin pourra être figuré comme l’on voudra, pour faire retomber les étincelles en rond ou de toute autre figure ; auquel cas les charbons qui les produisent doivent être grossierement pilés pour retomber avant que d’être consumés. Tous les tuyaux de ces artifices peuvent être faits de poterie de terre ordinaire, plûtôt que de toute autre matiere ; parce qu’ils peuvent être consumés par le feu, s’ils sont de bois ; ils se fondroient, s’ils étoient de plomb ou de fer, par l’action du soufre & du salpetre, qui sont des fondans ; & ils coûteroient beaucoup, s’ils étoient de cuivre.

Au reste, on ne peut les faire bien longs ; 1°. parce que le feu les feroit crever, ou s’étoufferoit s’il étoit trop éloigné de l’embouchure de leur dégorgement ; 2°. il resteroit en partie caché dans la longueur de son étendue ; 3°. enfin, on ne pourroit aisément comprimer les matieres, lorsqu’elles doivent être foulées.

*Fontaine, (Raffinerie en sucre.) c’est une cavité qui se forme le plus souvent dans la pâte du pain : quelquefois elle est pleine de sirop ; d’autres fois, on est obligé de l’ouvrir pour la remplir. On se sert pour l’ouvrir de la pointe de la truelle ; & l’on y porte de la matiere, comme dans l’opération que l’on appelle foncer. Voyez l’article Foncer.

FONTAINE-BLEAU, (Géog.) Fons Bleaudi, bourg de l’Isle de France dans le Gâtinois, remarquable par le palais des rois de France, dont Louis le Jeune peut passer pour le premier fondateur, & François I. pour le second. Henri III. y naquit. Il est à quatorze lieues de Paris ; la forêt qui l’environne s’appelloit anciennement la forêt de Bievre. Long. suivant Cassini, 20. 12. 30. latit. 48. 24. 30. (D. J.)

FONTAINIER, s. m. (Hydraul.) est celui qui par des principes certains & des expériences réitérées, fait la recherche des eaux ; les jauge pour en connoître la quantité ; les amasse dans des pierrées pour les conduire dans un regard de prise ou dans un réservoir ; sait relever leur pente ; les conduit au lieu destiné ; connoît la force & la vîtesse des eaux jaillissantes ; les calcule, pour en savoir la dépense ; sait donner une juste proportion aux tuyaux, pour former de beaux jets bien nourris, & qui s’élevent à la hauteur requise ; & par une sage œconomie, les distribue dans un jardin, de maniere qu’ils jouent tous ensemble sans s’altérer l’un l’autre. Voyez ci-devant Depense, &c. & les autres articles relatifs à l’Hydraulique.

Outils de fontainier. 1°. Une poesle de fonte qui sert à faire fondre la soudure.

2°. Un porte-soudure est un morceau quarré de coutil cousu en double ou triple, que l’on graisse de suif pour porter la soudure.

3°. Un compas, instrument de fer à deux branches qui se joignent en haut par un charnon, s’ouvrent par en-bas, & sont terminées en pointe, pour prendre telle mesure que l’on veut.

4°. Un marteau un peu long, dont une des branches est coupante ; il sert à forger le plomb ; le bas du manche est rayé, pour être plus ferme dans la main.

5°. Un maillet plat par le côté pour battre le plomb.

6°. Un boursault est une batte toute ronde, qui est plus à la main pour les petits ouvrages de plomb.

7°. Une serpette, outil de fer acéré & tranchant d’un côté, qui a une poignée de bois, pour couper quelque chose : il y en a de courbées par le bout, & d’autres qui se ferment.


8°. Une gratoire sert à nettoyer les soudures & à les raviver : elle se releve en pointe, & coupe des deux côtés.

9°. Une gouge, outil de fer fait en demi-canal, lequel est taillant de tous côtés, pour travailler les petites pieces, & y former des cavités.

10°. Un couteau ; il est en tout semblable à l’outil des Maréchaux, ne coupant que d’un côté avec un dos de l’autre : on le mouille pour couper le plomb, en frappant dessus avec le marteau.

11°. Un niveau est le même instrument dont se servent les Mâçons pour tracer une ligne parallele à l’horison, ou pour poser de niveau quelque ouvrage de plomberie. Voyez Niveau.

12°. Des fers ronds à souder ; ce sont des morceaux de fer formant une poire arrondie ; d’autres triangulaires, que l’on fait chauffer pour manier la soudure chaude, la faire fondre ensemble, & la coler aux tables de plomb par des nœuds & des traînées, où le fer chaud passe en y faisant des arrêtes.

13°. Des atelles ; ce sont deux petits morceaux de bois creusés, qui étant mis l’un contre l’autre, forment une poignée pour prendre le manche chaud des fers à souder.

14°. Une rape, sorte de lime, pour user les parties trop grasses du plomb.

15°. Une cueilliere servant à puiser la soudure dans la poesle, & à la porter jusques sur la partie que l’on soude.

Les figures du niveau, de la jauge, & de la quille, dont les Fontainiers se servent journellement, sont dans les Planches de l’Hydraulique.

Nota, qu’on ne comprend point dans les outils du Fontainier ceux du Plombier, qui se trouveront dans les Arts & Métiers. (K)

FONTANELLE (la), s. f. (Anatomie.) dans nos auteurs, fontanella, fons pulsatilis. La grande ouverture en forme de lozange située entre le coronal & les pariétaux, au centre de la croix qui est formée par l’engrenure sagittale, la ligne de division de l’os frontal, & l’engrenure coronale, est ce qu’on nomme fontanelle dans le fœtus. Comme cette place n’est presque pas membraneuse dans les enfans nouveaux-nés, l’on y sent alors avec la main le battement des arteres de la dure-mere & du cerveau. Cet endroit reste aussi durant quelque tems cartilagineux après la naissance : quelquefois même les enfans attaqués du rachitis, ont cette partie très-tendre dans un âge assez avancé, parce que leurs os conservent longtems leur mollesse. Enfin, par un évenement fort rare, on a vû des sujets en qui cette partie n’a pas été ossifiée pendant toute leur vie. Cependant d’ordinaire les os du crane deviennent si compactes avec l’âge, qu’ils sont même quelquefois plus épais à la fontanelle que par-tout ailleurs. (D. J.)

Fontanelle s. f. (Chirurg.) ulcere artificiel ; voyez Fonticule.

FONTARABIE, (Géog.) Fons rapidus ; les Espagnols disent Fuenterabia ; petite, mais forte ville d’Espagne dans la province de Guipuscoa en Biscaye, avec un bon château. Elle est regardée comme la clé d’Espagne de ce côté-ci, & est proche la mer, à l’embouchure de Bidassoa ou Vidouze, à 9 lieues S. O. de Bayonne, 25 E. de Bilbao, 175 S. O. de Paris. Long. 15. 51. 53. latit. 43. 23. 20. (D. J.)

FONTANGE, s. f. (Modes.) Ce fut dans le dix-septieme siecle, je ne dirai pas une parure, mais un édifice de dentelles, de cheveux, & de rubans à plusieurs étages, que les femmes portoient sur leurs têtes. On voyoit sur une base de fil-de-fer s’élever la duchesse, le solitaire, le chou, le mousquetaire, le croissant, le firmament, le dixieme ciel, & la souris. Aujourd’hui c’est un simple nœud de rubans qui sert d’ornement à leur coëffure : il porte le nom de celle