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mains, habitoient sur les bords de la Theisse & du Danube ; voilà tout ce que nous en savons aujourd’hui, quoique Ptolomée ait indiqué leurs bornes & leurs villes, avec les degrés de longitude & de latitude, dans un chapitre exprès qu’il leur a destiné ; c’est le chapitre vij. du livre III. de son ouvrage. (D. J.)

IB

IBA-PARANGA, s. m. (Hist. nat. Bot.) espece de prunier du Brésil ; il a le fruit doux, il renferme un noyau de la grosseur & de la figure d’une amande ; il en renferme trois : il est bon à manger, mais on ne lui attribue aucune vertu, ni à l’arbre qui le produit. Ray.

IBAICAVAL, (Géog.) riviere d’Espagne dans la Biscaye, qui va se jetter dans la mer à Bilbao.

IBAR, (Géog.) riviere de la Servie en Hongrie, qui se jette dans le Danube près de Semendria.

IBÉIXUMA, s. m. (Botan. exot.) arbre du Brésil, décrit par Maregrave. Il porte un fruit sphérique, de la grosseur d’une balle de paume & verd avant que d’être mûr ; il est hérissé de tubercules bruns, & contient une substance visqueuse, il noircit dans sa maturité, & se partage ensuite en cinq segmens égaux, contenant chacun des semences brunes, rondes & oblongues, de la grosseur de celles de moutarde. L’écorce de cet arbre est gluante, & sert aux mêmes usages que le savon d’Espagne. Maregrave, Hist. Brasil. & Ray. Hist. plant. Voyez aussi Savonier. (D. J.)

IBÉRIE, (Géog. anc.) ancien nom de deux pays différens, l’un en Asie & l’autre en Europe. L’Ibérie asiatique est une contrée de l’Asie, entre la mer Noire & la mer Caspienne ; Ptolomée dit qu’elle étoit terminée au nord par une partie de la Sarmatie, à l’orient par l’Albanie, au midi par la grande Arménie, & au couchant par la Colchide ; elle est présentement comprise dans la Géorgie.

L’Ibérie européenne est l’ancienne Espagne, nommée Iberia, soit pour sa position occidentale à cause des Ibériens asiatiques qui s’y établirent selon Varron, soit à cause de l’Ebre, en latin Iberus, qui la séparoit en deux parties, dont l’une appartenoit aux Carthaginois & l’autre aux Romains, avant que ces derniers l’eussent entierement conquise.

L’Ibérie maritime européenne fut découverte par les Celtes, par les Iberes, & ensuite par les Phéniciens, ainsi que depuis les Espagnols ont découvert l’Amérique ; les Tyriens, les Carthaginois, les Romains y trouverent tour-à-tour de quoi les enrichir dans les trésors que la terre produisoit alors.

Les Carthaginois y firent valoir des mines, aussi riches que celles du Méxique & du Pérou, que le tems a épuisées comme il épuisera celles du nouveau monde. Pline rapporte que les Romains en tirerent en neuf ans huit mille marcs d’or, & environ vingt-quatre mille d’argent. Il faut avouer que ces prétendus descendans de Gomer profiterent bien mal des présens que leur faisoit la nature, puisqu’ils furent subjugués successivement par tant de peuples. Ils ne profitent guere mieux aujourd’hui des avantages de leur heureux climat, & sont aussi peu curieux des antiquités ibériques, monumens, inscriptions, médailles, qui se trouvent par-tout dans leur royaume, que le seroient les Ibériens asiatiques, habitans de la Géorgie.

On reconnoît encore les Espagnols de nos jours dans le portrait que Justin fait des Ibériens de l’Europe ; corpora hominum ad inediam . . . . parati ; dura omnibus & adstricta parcimonia. Illis fortior taciturnitatis cura quàm vitæ. Leurs corps peuvent souffrir la faim ; ils savent vivre de peu, & ils craignent au-


tant de perdre la gravité, que les autres hommes de perdre la vie. (D. J.)

IBIBIRABA, s. m. (Hist. nat. Bot.) arbre du Brésil, qui porte des baies, une fleur en rose, & un fruit de la grosseur de la cerise, où l’on trouve plusieurs pepins que l’on mange avec la chair. Ce fruit est doux, & d’un goût un peu résineux ; il irrite la gorge quand on en mange beaucoup. On emploie la feuille de l’ibibiraba avec sa fleur, mêlée au camara, dans les lotions des piés indiquées par le mal de tête : on tire de ses fleurs, cueillies avant le lever du soleil, & de ses feuilles, une eau rafraîchissante & mondificative, dont on use dans les inflammations des yeux. Ray.

IBIBOBOCA, subst. mas. (Hist. nat. Zoolog.) serpent d’Amérique que les Portugais nomment cobra de coral. Il a communément deux pieds de long, est gros comme le pouce, & sa queue se termine en une pointe très-mince ; il est entierement d’un blanc luisant sous le ventre, sa tête est couverte d’écailles d’une figure cubique dont quelques-unes sont noires sur les bords. Son corps est moucheté de blanc, de noir & de rouge. Il ne se remue que fort lentement, & est regardé comme très-venimeux. Ray, synops. anim.

IBIJARA, subst. mas. (Ophiol. exot.) le même serpent d’Amérique que les Portugais nomment cega cobre vega, ou cobra de la cabeças. Il passe pour être de la classe des amphisbènes, c’est-à-dire, des serpens à deux têtes, ce qui est une grande erreur. Comme sa tête & sa queue sont d’une même forme & épaisseur, & que cet animal frappe également par ses deux parties de son corps, on a supposé qu’elles étoient également dangereuses, seconde erreur à ajouter à la premiere. L’ibijara est un serpent de la plus petite espece ; car il n’a guere que la longueur d’un pied, & la grosseur du doigt ; sa couleur est d’un blanc luisant, tacheté de rayures & d’anneaux d’une jaune de cuivre ou brun ; ses yeux sont si petits qu’ils ne paroissent que comme une tête d’épingle ; il vit en terre de fourmis & autres petits insectes. Les Portugais du Brésil prétendent que sa piquure est inguérissable. Ray, Syn. anim. p. 289. (D. J.)

IBIJAU, s. m. (Ornith. exot.) sorte de chathuant du Brésil, du genre des tete-chevres, & de la grosseur d’une hirondelle ; sa tête est grosse & applatie ; son bec est extrêmement fin, & laisse appercevoir au-dessus ses deux narines ; sa bouche ouverte est excessivement grande ; sa queue est large, & ses jambes sont basses ; tout son corps est couvert & plumes les unes blanches, les autres jaunes. (D. J.)

IBIRACOA, s. m. (Ophiol. exot.) serpent des Indes occidentales, marbré de blanc, de noir, & de rouge ; sa morsure passe pour être extrêmement cruelle par ses effets. (D. J.)

IBIS, ibis, s. m. (Ornith.) oiseau d’Egypte : celui qui a été décrit dans les mémoires pour servir à l’Hist. nat. dressée par M. Perrault, III. partie, ressembloit beaucoup à la cygogne. Voyez Cygogne. Voyez aussi la Pl. X. fig. 3. Hist. nat. Cependant il étoit un peu plus petit, & il avoit le col & les piés à proportion encore plus petits : le plumage étoit d’un blanc sale & un peu roussâtre, excepté des taches d’un rouge pourpre & d’un rouge de couleur de chair, qui étoient au-dessous de l’aile, & la couleur des grandes plumes du bout de l’aile qui étoient noires. Le bec avoit un pouce & demi de largeur à son origine ; le bout n’étoit pas pointu ; il avoit un demi-pouce de largeur ; les deux pieces du bec étoient recourbées en-dessous dans toute leur longueur ; elles avoient à la base une couleur jaune claire, & sur l’extrémité une couleur orangée ; toute leur surface étoit polie comme de l’ivoire : lorsque le bec