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qu’elles n’ont que le tiers de leur grosseur & de leur grandeur, & que l’on ne voit pas à leur extrémité un point noirâtre. On a prétendu que le bouton des grandes cornes étoit un œil ; mais l’opinion la plus accréditée est que ces quatre cornes ne sont que des antennes que l’animal emploie pour sentir les obstacles qui se rencontrent dans son chemin ; la bouche est grande & garnie de dents. Les limaçons ont chacun les deux sexes ; ils sont hermaphrodites ; il y a au côté droit du cou un trou fort apparent, qui est en même tems le conduit de la respiration, la vulve & l’anus, & qui même a différentes cavités, & en particulier a des intestins tortueux qui flottent dans le ventre. Au tems de l’accouplement ces intestins se gonflent & se renversent, de façon qu’ils se présentent à l’ouverture de l’anus alors fort dilatée, sous la figure d’une partie masculine & d’une partie féminine. Il sort par la même ouverture du cou un aiguillon fait en forme de lance à quatre aîles terminée en pointe très-aiguë & assez dure, quoique friable. Lorsque deux limaçons se cherchent pour s’accoupler, ils tournent l’un vers l’autre la fente de leur cou, & dès qu’ils se touchent par cet endroit, l’aiguillon de l’un pique l’autre ; cette sorte de fleche ou de petit dard se sépare du corps de l’animal auquel il étoit, tombe par terre, ou est emporté par le limaçon qui en a été piqué : celui-ci se retire ; mais peu de tems après il revient & pique l’autre à son tour. Après ce préliminaire, l’accouplement ne manque jamais de se faire. Les limaçons s’accouplent jusqu’à trois fois de quinze jours en quinze jours, & à chaque fois on voit un nouvel aiguillon. M. du Verney a comparé cette régénération à celle du bois du cerf. L’accouplement dure dix ou douze heures, pendant lesquelles ces animaux sont comme engourdis : la fécondation n’a lieu qu’après le troisieme accouplement. Au bout d’environ dix-huit jours, les limaçons pondent par l’ouverture de leur cou des œufs qu’ils cachent en terre ; ces œufs sont en grand nombre, sphériques, blancs, revêtus d’une coque molle & membraneuse, collés ensemble en maniere de grappe, & gros comme de petits pois ou des grains de vesce. Aux approches de l’hiver, le limaçon s’enfonce dans la terre, ou se retire dans quelque trou ; il forme à l’ouverture de sa coquille avec sa bave un petit couvercle blanchâtre & circulaire de matiere un peu dure & solide lorsqu’elle est condensée, néanmoins poreuse & mince pour laisser entrer & sortir l’air. L’animal reste ainsi pendant six ou sept mois sans mouvement & sans prendre de nourriture ; au printems il ouvre sa coquille. Les limaçons mangent les feuilles, les fruits, les grains, plusieurs plantes ; ils font de grands dégâts dans les jardins, pendant la nuit sur-tout lorsqu’il pleut : les tortues détruisent beaucoup de ces animaux. Hist. nat. des anim. par MM. de Nobleville & Salerne, tome I.

Limaçon, (Diete & Mat. med.) on emploie indifféremment les gros limaçons des vignes, ou les petits limaçons des jardins.

Les paysans en font des potages & différens ragoûts dans plusieurs provinces du royaume. Il est peu de mets aussi dégoutans pour les personnes qui n’y sont point accoutumées ; on peut croire même que celles qui en mangeroient sans rebut, le digéreroient difficilement. Leur chair spongieuse, mollasse, & l’espece de suc visqueux & fade dont elle est chargée, paroissent peu propres à exciter convenablement le jeu des organes de la digestion, & à être pénétrés par les humeurs digestives.

C’est cependant par cette qualité de nourriture insipide & glutineuse, lenta, que la chair & les bouillons de limaçon ont été fort vantés comme un excellent remede contre le marasme & la pthysie ;

mais ces bouillons sont encore plus inutiles ou plus nuisibles que ceux de grenouille & de tortue, &c.

On distille les limaçons avec le petit-lait pour en retirer une eau qui passe pour adoucir merveilleusement la peau, & pour blanchir le teint ; mais nous pensons que la petite quantité de parties gélatineuses qui sont élevées avec l’eau par la distillation, ne suffisent point pour lui communiquer une vertu réellement adoucissante, quoiqu’elle lui donne la propriété de graisser & de se corrompre. Voyez Eaux distillées.

La liqueur qui découle des limaçons pilés & saupoudrés d’un peu de sel ou de sucre, est un remede plus réel ; celle ci est véritablement muqueuse ; elle peut soulager la douleur, étant appliquée sur les tumeurs goutteuses, flegmoneuses, &c. Elle est capable d’adoucir la peau ; elle est sur-tout recommandable contre les vraies inflammations des yeux, c’est-à-dire celles qui sont accompagnées de chaleur & de douleur vive.

Les coquilles de limaçons sont comptées parmi les alkalis terreux dont on fait usage en Medecine. Voyez Terreux, Pharmacie. (b)

Limaçon, insecte du, (Insectolog.) petit animal à qui le corps des limaçons terrestres sert de domicile.

Il y a quantité d’insectes qui vivent sur la surface extérieure du corps de quelque animal ; tels sont les poux que l’on voit sur les quadrupedes, les oiseaux, & même sur les mouches, les frelons, les scarabées, &c. Il est d’autres insectes, qui vivent dans le corps de quelqu’autre animal, & l’on peut ranger sous ce dernier genre, toutes les especes de vers, que la dissection a fait découvrir dans le corps de diverses sortes d’animaux ; mais les insectes dont nous allons parler d’après M. de Reaumur, (Mém. de l’Ac. des Scienc. ann. 1710.) habitent tantôt la surface extérieure d’une des parties du corps du limaçon terrestre, & tantôt ils vont se cacher dans les intestins de cet animal. Expliquons ces phénomenes.

On sait que le collier du limaçon est cette partie qui entoure son cou ; que ce collier a beaucoup d’épaisseur, & que c’est presque la seule épaisseur de ce collier que l’on apperçoit, lorsque le limaçon s’est tellement retiré dans sa coquille, qu’il ne laisse voir, ni sa tête, ni son empatement ; c’est donc sur le collier que l’on trouve premierement les insectes dont il s’agit ici. Ils ne sont jamais plus aisés à observer, que lorsque le limaçon est renfermé dans sa coquille, quoiqu’on puisse les remarquer dans diverses autres circonstances. Les yeux seuls, sans être aidés du microscope, les apperçoivent d’une maniere sensible ; mais ils ne les voyent guère en repos ; ils marchent presque continuellement & avec une extrème vitesse, ce qui leur est assez particulier.

Quelques petits que soient ces animaux, il ne leur est pas possible d’aller sur la surface supérieure du corps du limaçon, la coquille est trop exactement appliquée dessus : en revanche, ils ont d’autres pays intérieurs, où ils peuvent voyager. Le limaçon leur en permet l’entrée, toutes les fois qu’il ouvre son anus, qui est dans l’épaisseur du collier. Il semble que les petits insectes attendent ce moment favorable, pour se nicher dans les intestins du limaçon ; du moins, ne sont-ils pas long-tems à profiter de l’occasion qui se présente d’y aller. Ils s’approchent du bord du trou & s’enfoncent aussitôt dedans, en marchant le long de ses parois ; de sorte qu’on ne voit plus au bout de quelques instans sur le collier, aucuns des petits animaux qu’on y observoit auparavant.

L’empressement qu’ils ont à se rendre dans les intestins du limaçon, semblent indiquer que c’est-