Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/109

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exemple, on suppose des yeux dans la poitrine ; par composition, comme quand on se figure un homme demi-cheval ; par opposition, relativement à la mort. On pense par translation aux choses qu’on a dites, ou au lieu ; à ce qui est juste et bon, par une action de la Nature ; enfin on pense par privation, comme quand on se représente un homme sans mains. Voilà encore quelques-unes de leurs opinions sur l’imagination, les sens et l’entendement.

Ces Philosophes établissent pour source de la vérité, ou pour moyen de la connaître, l’imagination comprenant, ou saisissant son objet ; c’est-à-dire, recevant les impressions d’un objet existant, comme le remarquent Chrysippe, livre douzième de sa Physique, Antipater et Apollodore. Il est vrai que Boethus admet plus de sources de la vérité, l’entendement, les sens, les affections et la science ; mais Chrysippe, dans son premier livre du Discours, s’éloigne de son sentiment, et ne reconnaît d’autres sources de la vérité que les sens et les notions communes. Ces dernières sont une idée naturelle des choses universelles. Quelques autres des plus anciens Stoïciens dérivent de la droite raison la source de la vérité, témoin Posidonius dans son Traité sur cette matière.

Suivant l’avis unanime de plus grand nombre des Stoïciens, la première partie de l’étude de