Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/131

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une chose qui est un sujet de spéculation, comme la prudence. Car Hécaton dit, dans son premier livre des Vertus, que parmi celles qui sont un sujet de science, il y en a qui sont aussi spéculatives ; savoir celles qui sont composées des observations qu’on a faites, comme la prudence et la justice, et que celles, qui ne sont point spéculatives, sont celles, qui, considérées dans leur production, sont composées de celles qui sont spéculatives, comme la santé et la force. Car de la prudence, qui est une vertu de spéculation, résulte ordinairement la santé, comme de la structure des principales pierres d’un bâtiment résulte sa consistance. On appelle ces vertus non-spéculatives, parce qu’elles ne sont pas fondées sur des principes, qu’elles sont comme des additions, et que les méchants peuvent les avoir ; telles sont, par exemple, la santé et la force. Posidonius, dans son premier livre de la Morale, allègue, comme une preuve que la vertu est quelque chose de réellement existant, les progrès qu’y ont faits Socrate, Diogène et Anthisthène, et comme une preuve de l’existence réelle du vice, cela même qu’il est opposé à la vertu. Chrysippe dans son premier livres des Fins, Cléanthe, Posidonius dans ses Exhortations, et Hécaton disent aussi que la vertu peut s’acquérir par l’instruction, et en donnent pour preuve qu’Il y a des gens, qui de méchants deviennent bons.