Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/152

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communauté des choses nécessaires à la vie, & que nous disposions de nos amis comme nous disposerions de nous-mêmes ; aussi comptent-ils la pluralité de ces sortes de liaisons parmi les biens que l’ont doit désirer, & que l’on chercherait en vain dans la fréquentation des méchants. Ils conseillent de n’avoir aucune dispute avec des insensés, toujours prêts à entrer en fureur, & si éloignés de la prudence, qu’ils ne font & n’entreprennent rien que par des boutades qui tiennent de la folie. Le sage au contraire fait toutes choses avec poids & mesure, semblable au musicien Isménias, qui jouait parfaitement bien tous les airs de flûte. Tout est au sage en vertu de la pleine puissance qui lui est accordée par la loi. Quant aux méchants & aux insensés, ils ont bien droit sur certaines choses ; mais on doit les comparer à ceux qui possèdent des biens injustement. Au reste, nous distinguons le droit de possession qui appartient au public, d’avec le pouvoir d’usage[1].

Les stoïciens pensent que les vertus sont tellement unies les unes avec les autres, que celui, qui en a une, les a toutes, parce qu’elles naissent en général du même fond de réflexions, comme le disent Chrysippe dans son livre des Vertus,

  1. C’est-à-dire que toutes choses appartiennent aux sages, entant qu’ils sont propres à faire un bon usage de tout. C’est une manière de parler, comme quelques autres traits de ce portrait du sage.