Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/156

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inclination un Amour d’amitié’, qu’ils ne taxent point de vicieuse, ajoutant que les agréments de la première jeunesse sont une fleur de la vertu.

Selon Bion, des trois sortes de vies, spéculative, pratique & raisonnable, la dernière doit être préférée aux autres, parce que l’animal raisonnable est naturellement fait pour s’appliquer à la contemplation & à la pratique. Les Stoïciens présument que le sage peut raisonnablement s’ôter la vie, soit pour le service de sa patrie, soit pour celui de ses amis, ou lorsqu’il souffre de trop grande douleurs, qu’il perd quelque membre, ou qu’il contracte des maladies incurables. Ils croient encore que les sages doivent avoir communauté de femmes, & qu’il leur est permis de se servir de celles qu’on rencontre. Telle est l’opinion de Zénon dans sa République, de Chrysippe le Cynique & de Platon. Ils la fondent sur ce que cela nous engage à aimer tous les enfants, comme si nous en étions les pères, & que c’est le moyen de bannir la jalousie que cause l’adultère. Ils pensent que le meilleur gouvernement est celui qui est m^lé de la démocratie, de la monarchie & de l’aristocratie. Voilà quels sont les sentiments des Stoïciens sur la morale. Ils avancent encore sur ce sujet d’autres choses, qu’ils prouvent par des arguments particuliers ; mais c’en