Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/56

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MONIME




MOnime, né à Syracuse, fut disciple de Diogène, et domestique d’un certain Banquier de Corinthe, comme le rapporte Sosicrate. Xéniade, qui avait acheté Diogène, venait souvent auprès de Monime et l’entretenait de la vertu de Diogène, de ses actions et de ses discours. Cela inspira tant d’inclination à Monime pour le Philosophe, qu’il affecta d’être tout d’un coup saisi de folie. Il jetait la monnaie du change et tout l’argent de la banque ; de sorte que son Maître le renvoya. Dès lors, il s’attacha à Diogène, fréquenta aussi Cratès le Cynique et autres personnes semblables ; ce qui donna de plus en plus à son Maître lieu de croire qu’il avait entièrement perdu l’esprit.

Il se rendit fort célèbre ; aussi Ménandre, poète comique, parle de lui dans une de ses pièces intitulée Hippocome.

MEN. Ô ! Philon, il y a eu un certain Monime, homme sage, mais obscur, et portant une petite besace.

PHIL. Voilà trois besaces, dont vous avez parlé.

MEN. Mais il a prononcé une sentence, dont le sens figuré n’a rien de ressemblant, ni à celle-ci,