Page:Dodge Stahl - Les Patins d argent.djvu/6

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un récit attachant une description si minutieuse de la Hollande, que son livre, roman et guide tout à la fois, pût servir à deux fins.

Ce double but, un peu témérairement visé par l’auteur américain, nous a paru rendre impossible de publier les Patins d’argent en français, sans rien changer, sans rien ajouter au texte original ou sans en rien sacrifier. Le Français n’est pas le plus patient des lecteurs ; chasser deux lièvres à la fois est trop pour son attention. Le génie même ne parviendrait pas à lui faire reconnaître le mérite ou l’utilité de digressions capables de le détourner du principal. Il aime la méthode, la clarté. Ce peuple français, brouillon, dit-on, ne peut rien supporter de ce qui ressemble au désordre dans les œuvres d’art. Mme Mapes Dodge avait écrit son livre en vue de ses compatriotes américains. À ceux-ci, infiniment moins voisins que nous de la Hollande, elle avait à révéler de cette contrée originale une foule de choses qu’un voyage de treize heures place à la portée d’un Parisien quelconque lorsqu’il se met en route, un des excellents guides de Joanne à la main. Le lecteur français n’avait que faire de ces nomenclatures trop fidèles, de ces récits rétrospectifs, historiques et biographiques, étrangers et par conséquent nuisibles à l’action du livre et qui y tiennent une place considérable. Nous avons dû réduire au nécessaire ces hors-d’œuvre, pour nous superflus. Nous sommes assuré que pour un public à qui la découverte de la Hollande est facile, nous avons sagement agi. Le livre américain était plutôt une description de la Hollande qu’un récit, qu’un roman, nous en avons fait un roman plutôt qu’un guide. L’histoire de la famille Brinker, qui fait pour nous la valeur principale des Patins d’argent tels que nous les publions aujourd’hui, se fût noyée, perdue, égarée tout au moins pour nos lecteurs français, au milieu de trop nombreux accessoires.

Grâce au parti que nous avons pris, les aventures de Hans et de Gretel (à qui nous avons conservé les noms que leur avait donné l’auteur américain, mais que de vrais Hollandais auraient nommé Jan et Griel) reprendront la place capitale