Page:Dollier de Casson - Histoire du Montréal, 1640-1672, 1871.djvu/116

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prière qu’ils lui en avaient faite et comme il leur avait promis ; mais comme il jugea qu’ils seraient encore quelque temps auparavant que de venir, il se résolut de profiter du séjour qu’il avait à faire hors de Québec et de monter tout d’un coup sans que personne en fut averti jusqu’au grand lac Nontario sur lequel sont placés les Iroquois, ce qu’il conçut avec beaucoup de prudence et exécuta avec beaucoup de résolution. Si les Iroquois eussent su sa venue comme c’est leur redoutable, ils lui eussent joué peut-être quelque mauvais parti sur les chemins afin d’exécuter leur mauvaise volonté contrôle pays après l’avoir défait ; c’est pourquoi il fit prudemment de ne point découvrir son dessein ; mais il lui fallait autant de vigueur que colle avec laquelle il l’accomplit pour franchir aussi facilement et aussi promptement qu’il fit ces mauvais pas qu’il y a à faire pour aller jusqu’au lieu où il voulait aller ; au reste cette résolution étant considérable pour le pays parce que les Iroquois commençaient à murmurer et nous menacer par entre eux delà guerre, se confiant sur la difficulté de leurs rapides qu’ils croyaient indomptables à nos bateaux pour s’en aller chez eux. Mais M. de Courcelle leur ayant fait voir par expérience en cette occasion comme ils se trompaient, cela les intimida beaucoup et rabatit même tellement leur audace qu’ils firent passer la frayeur que cette entreprise leur donna jusque chez les Européens qui leur sont voisins, lesquels suivant leur rapport appréhendaient l’arrivée de M. de Courcelle avec une multitude de gens de guerre que l’épouvante des Iroquois leur avait fabriqué. Plusieurs personnes de mérite accompagnaient M. le Gouverneur en cette belle entreprise, entre autres M. Perrot, gouverneur du Montréal, lequel pensa périr par un accident de canot, ce qui est assez à craindre dans tant de différents périls, M. de Loubiat, dont chacun sait le mérite, fut aussi de la partie, M. de Varennes, gouverneur des Trois-Rivières, et autres officiers, comme aussi M. Lemoine, M. de la Vallière, M. de Marinentville et autres habitants qui y allaient seulement pour accompagner M. le Gouverneur et lui donner des marques de leur estime et bonne volonté ; Champagne, sergent de la compagnie de M. Perrot y gouverna un bateau plat où il commença pendant le voyage où il eut des peines très considérables et risqua sa vie quantité de fois, donnant des preuves à tout le monde de son courage tant dans les travaux que dans les périls Un prêtre du séminaire de Saint Sulpice eut aussi l’honneur d’accompagner et d’assister M. le Gouverneur avec toute sa troupe dans ce voyage dont je ne dirai pas davantage à cause que les R.R. P.P. Jésuites l’ont écrit en leur relation. Si je l’ai touché après eux, ça a été par une pure obligation, à cause qu’il se trouve à propos