Page:Dolomieu - Mémoire sur les tremblemens de terre de la Calabre.djvu/59

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grands efforts, se firent principalement ressentir sous les montagnes de Girafalco, a peu-près au centre de l’étranglement. Dans cette circonſtance, la nature déploya une plus grande force, qu’elle n’avoit fait dans les secousses précédentes ; elle souleva, & ébranla le corps même des montagnes, qui couvrent tout l’espace ou ce tremblement de terre exercea ses ravages. Auſſi la propagation de son mouvement s’étendit beaucoup plus loin. La Calabre Citerieure ressentit ses effets, & éprouva quelques domages. Toutes les Provinces du Royaume de Naples en eurent le ressentiment. Il ravagea indiſtinctement les deux côtés de la chaine, les lieux élevés, ceux inferieurs ; & rien ne parut a l’abri de ses atteintes. En tirant deux diagonales, l’une du cap Vaticano, au cap Colonne ; l’autre du cap Suvero, au cap de Stillo ; on aura entre ces quatres points, l’étendue sous la quelle l’ébranlement fut terrible & la deſtruction la plus grande ; & le point d’intersection des deux lignes sera a peu-pres celui du centre de l’exploſion 59.1.

Ce tremblement de terre fut précédé d’un bruit souterrain très fort, semblable au tonnere, qui se renouvella a chaque secousse. Les mouvemens furent très compliqués ; les uns agirent de bas en haut, ou par soubresauts ; ensuite vinrent des tournoyemens violens, auxquels succederent des ondulations.

Il eſt inutile de donner la nomenclature de toutes les Villes & bourgs, qui reçurent des doma-
ges


59.1. Je le repette, je ne me ſers du mot centre de l’exploſion, que pour exprimer un effet, & non pour indiquer une cauſe.