Page:Dolomieu - Mémoire sur les tremblemens de terre de la Calabre.djvu/61

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


La difference des effets du tremblement de terre du 5. Fevrier & de celui du 28. Mars ne peut avoir pour cause que la nature du terrein. Dans la Plaine le sol lui même a manqué ; aucun édifice n’y étoit solidement ſondé. Les mouvemens étoient d’autant plus irreguliers qu’ils étoient modifiés, en passant a travers un terrein, qui cedoit plus ou moins a la force qui l’ébranloit, & qui la transmettoit inégalement. Dans les montagnes au contraire, quoique l’agitation des surfaces fut auſſi consiſerable, elle étoit moins deſtructive. Les rochers, sur lesquels reposoient les Villes, leur transmettoient un mouvement plus regulier, par ce qu’ils en étoient meilleurs conducteurs ; le sol après chaque oscillation reprenoit sa premiere poſition, & les édifices conservoient leur à plomb. Tel un verre plein d’eau qui reçoit de très grandes oscillations sans répandre, & qu’une très petite secousse irreguliere renverse.

Le tremblement de terre du 28. Mars augmenta les desaſtres de Meſſine, ou il agit avec beaucoup de forces, il accrut les domages de Regio & renversa beaucoup de maisons dans la petite Ville de sainte Agate de Regio & lieux ciconvoiſins. Il fut cependant très peu ressenti dans la plaine qui eſt intermediaire entre les deux extremités de la Calabre ; ou comme je viens de le dire, les secousses furent trés violentes . Il sembloit que la force motrice passoit librement & comme dans un canal ouvert sous la plaine, pour aller ſrapper alternativement contre les deux points les plus éloignés.
Les