Page:Dolomieu - Mémoire sur les tremblemens de terre de la Calabre.djvu/64

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ſerein le reſte de la journée. Les mois de Fevrier & de Mars furent aſſez beaux & même chauds. Il y eut quelques orages & de la pluïe, mais qui n’étoient pas étrangers a la ſaiſon. Le beau tems, qui régna apres la cataſtrophe du 5. Fevrier, fut même un bien grand avantage pour l’interieur de la Calabre, ſans cela les reſtes malheureux de la population, ſans abris, ſans moyens de s’en procurer de longtems, par la diſette des planches & des ouvriers, ſeroient morts de miſere & d’intemperie. Le 28. Mars, dans la partie ſuperieure de la Calabre, le tems ne fut pas mauvais & le tremblement de terre ne fut ſuivi d’aucun orage, il y eut ſeulement un peu de pluïe. Il s’enſuit de cette remarque, que l’état de l’athmoſphere n’eſt pas auſſi étroitement lié avec les mouvemens interieurs de la terre qu’on n’a ceſsé de le dire, & il ſe pourroit bien que les tempêtes, que l’on eſsuya dans le canal de Meſſine & ſur quelques endroits de la coſte, n’euſſent pas la même cauſe que les tremblemens de terre.

Qu’il me ſoit maintenannt permis, de chercher dans les ſeuls faits, la cauſe des tremblements de terre de la Calabre ; & mettant de côté tout ſyſtême, de voir ce qui a pu donner lieu a la deſtruction preſque générale de cette province.

La force motrice paroit avoir reſidé ſous la Calabre elle même, puiſque la mer qui l’environne n’a point eu part a l’oſcillation ou balancement du Continent. Cette force paroit encore s’être avancé progressivement le long de la chaine des Apenins, en la remontant du Sud au Nord. Mais
quel-