Page:Dom François roy de Bungo, 1690.pdf/5

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
Dom François roy de Bungo, 1690 (page 4 crop).jpg

ACTE QUATRIÉME.


COnſtantin s’étoit fait venir ſon Frere Sebaſte dans l’eſperance d’en tirer tout l’éclairciſſement qu’il ſouhaitoit ; & pour le ſurprendre plus finement, il fait ſemblant de vouloir rendre à ſon Pere le gouvernement du Royaume, prevoyant bien qu’il ne le pourroit tenir longtemps parmi tant de troubles. Le pauvre Sebaſte, qui ne s’âperçoit pas du piege que luy tend ſon Frere, ſe met d’abord à le loüer ſur ce genereux deſſein, qui ne pouvoit être que tres-avantageux à la Religion Chrêtienne ; il s’échape même juſqu’à luy inſinuer, que les Chrétiens le deſiroient paſſionnément, & que c’étoit l’unique raiſon qui retenoit Dom François dans le Royaume. 2. Aprés céte naïve declaration, le Roi ne doutant plus du fait, l’envoye querir par Sebaſte ſous pretexte de le revêtir de la Pourpre, mais en effét pour le ſacrifier à ſon indignation. 3. Comme il s’âplaudiſſoit de céte découverte, voici qu’on luy annonce que Saxuma avoit rompu les fers d’Arimando, & qu’ils avoient inveſti le Palais avec une groſſe troupe de Payens ; allarmé de céte nouvelle, il donne ordre d’arrêter ſon Pere à ſon arrivée, & court luy-même âpaiſer ces tumultuaires, par la promeſſe de le leur livrer entre les mains. 4. Dom François cependant arrive avec ſes deux Fils ; on oblige Sebaſte de ſe retirer, & on arrête le Pere en preſence du Cadet, qui rencontrant ſon Frere luy âprend céte déplorable diſgrace. 5. Sebaſte outré de douleur, & de colere atteſte le Ciel & la Terre que tôt ou tard il le vangera hautement des execrables fourberies de Conſtantin.


INTERMEDE COMIQUE.

Le Soldat aſtrologue, le Pere joüé.

Dom François roy de Bungo, 1690 (page 4 crop).jpg

ACTE CINQUIÈME.


DOm François n’âtendoit plus que la mort, & ſe conſoloit avec ſon petit Loüis ſur le bonheur qu’il eſperoit de répandre ſon Sang pour JÉSUS-CHRIST, 2. lors qu’Arimando vient l’arracher d’entre les bras de ce cher Enfant pour le trainer au ſupplice ; ce fut la plus heureuſe nouvelle qu’il reçût jamais ; jamais il ne parut ſi Prince, jamais il n’eut l’eſprit plus paiſible, ni le viſage plus ſerain, ni l’œil plus aſſûré, ni le