Page:Donnay - Autour du Chat Noir, 1926.djvu/39

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bleaux, architectures, paysages, personnages, multitudes apparaissaient sur l’écran, debout, à côté du piano sur lequel, pour Phryné et Ailleurs notamment, Charles de Sivry se livrait à des improvisations, arabesques broderies adéquates et savantes, un récitant disait le texte. Henri Rivière avait porté l’art de l’ombre chinoise à un degré qui n’a pas été dépassé depuis. Dans un mètre carré de toile lumineuse, blanches aurores sur des montagnes roses, couchers de soleil dans des ciels de topaze et de cuivre, bleus clair de lune sur une mer doucement agitée, il a fait tenir les plus grands paysages. Peintre et poète, il fut aussi physicien, chimiste, mécanicien et le plus ingénieux machiniste, et par ces dons divers, il fait penser à quelque grand artiste de la Renaissance. Il avait inventé des verres recouverts d’un émail spécial et par les dispositions de ces verres colorés (pour certains spectacles il n’en employa pas moins de cent cin-