Page:Donnay - Autour du Chat Noir, 1926.djvu/85

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Comme pour l’antique Cypris
Auront choisi des marbres dignes
De tes harmonieuses lignes ;
Des peintres, esthètes épris,

Te célèbreront sur leurs toiles,
Ayant cherché pendant longtemps,
Si tes grands yeux inquiétants
Sont couleur de mer ou d’étoiles ;

Ils perpétueront ta blancheur,
Ils éterniseront la neige
De ta poitrine ; mais qu’aurai-je
Pour me rappeler ton odeur ?

Cette odeur dont tu me pénètres,
Qui, dans l’extase de tes sens,
Montant de toi comme l’encens
Monte de l’encensoir des prêtres

Fait plus attachants tes baisers ;
Et, comme ces plantes malaises
En de voluptueux malaises
Prostrant les fumeurs névrosés,