Page:Dostoïevski - Les Précoces.djvu/15

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pouvait se faire à cette idée que son garçon « l’aimait peu ». Il lui semblait toujours que Kolia manquait à son égard de sensibilité, et elle lui reprochait souvent sa froideur.

Cela ne plaisait pas à l’enfant, et plus on lui demandait de preuves d’affection plus il semblait se raidir volontairement. Il est vrai de dire qu’il ne le faisait que malgré lui, parce que sa nature était ainsi faite.

Sa mère se trompait : il l’aimait beaucoup, mais ne pouvait souffrir « les sensibleries », comme il le disait lui-même en son langage d’écolier.

Kratsotkine père avait laissé une bibliothèque renfermant quelques volumes. Kolia aimait à lire et avait déjà lu la plupart de ces livres. Sa mère ne s’en inquiétait pas et se contentait de s’étonner de ce que son fils passât des