Page:Dostoïevski - Les Précoces.djvu/164

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faire prendre un bain chaud composé de toute sorte d’herbes et de le faire chaque matin et chaque soir. Comment pouvions-nous suivre une pareille cure ? Chez nous, dans notre château, sans domestiques, sans aide, sans récipient, sans eau.

Et pourtant la pauvre fillette est toute enrhumatisée. Je ne vous en ai pas parlé encore. Pendant la nuit, tout son côté droit lui fait mal. Elle souffre terriblement ; mais, le croiriez-vous, cet ange de Dieu fait tous ses efforts pour ne pas gémir, pour ne pas nous déranger, pour ne pas nous éveiller.

Nous mangeons n’importe quoi, ce qu’on trouve. Eh bien, c’est le dernier morceau qu’elle prend, celui qui reste, qu’on ne peut jeter qu’à un chien : « Je ne mérite pas ce morceau, semble-t-elle dire. Je vous en prive, je vous suis une charge. »