Page:Dottin - La religion des Celtes.djvu/38

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Nous devons attribuer plus d’autorité aux textes qui nous font connaître des pratiques tombées en désuétude à Rome ou en Grèce, comme les sacrifices humains. Quant à la croyance à la survivance des âmes, que les anciens ont signalée avec curiosité et intérêt, mais sans précision ni clarté, nous ne pouvons l’interpréter qu’en la rattachant à la tradition conservée dans l’ancienne littérature de l’Irlande.


CHAPITRE IV


LES DRUIDES ET LE DRUIDISME


Noms des druides. — Les prêtres gaulois, — Attributions religieuses des druides. — Leur enseignement. — Leur rôle judiciaire. — Leur rôle politique. — Les druidesses. — Les collèges des druides. — L’hypothèse de A. Bertrand.


La plus ancienne mention du nom des druides se trouve chez Diogène Laerce dans ses Vies des philosophes. Celui-ci dit que la philosophie a commencé chez les barbares, que les premiers philosophes ont été chez les Perses les Mages, à Babylone et en Assyrie les Chaldéens, dans l’Inde les Gymnosophistes, chez les Celtes et les Galates les Druides ou Semnothées Δρυίδας ἢ σεμνοθέους il cite comme autorités un traité apocryphe d’Aristote τὸ μαγικόν ainsi que Sotion d’Alexandrie (iie siècle avant J.-C.) au vingt-troisième livre de l’ouvrage intitulé Διαδοχὴ τῶν φιλοσόφων[1]. D’après Ammien Marcellin citant Timagène, les Gaulois ont été civilisés par les bardes, les euhages et les drasides : per bardos, euhages el drasidas[2]. D’après Diodore de Sicile, les Gaulois ont des poètes qu’ils appellent bardes

  1. Vies des philosophes, i, 1.
  2. Histoire romaine, xv, 9.