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VIE DE LOUIS EUN

ÏUS.

je fus jeté sur le banc en sorte que je fus brisé par eux, jamais homme n’a souffert cette sorte de souffrance, alors je fis le signe de la croix pour les chasser, en sorte qu’ils coururent par une route et moi j’allai tout droit j’entendais crier bien loin de moi, [par une autre ; comme dans les forêts le hurlement des loups ; je restais bien bravement en priant Dieu, quand je les vis venir, et eux comme des bêtes sauvages, et des chaînes avec eux pour me garrotter, un demanda : « Louis, tu vas retourner, parle et réponds donc, oui, et promptement, ou tu vas dans le grand puits pour l éternité ». Je ne répondis rien ; alors je fus enchaîné, et entraîné par eux à l’endroit qu’ils avaient songé. Auprès du grand puits, là j’étais épouvanté, quand je vis les âmes s’élever parmi la flamme et la fumée, et après, elles tombaient dans les mêmes abîmes ; je n’aurais jamais songé à cette sorte de souffrances, on me demandait ou que je revinsse sur mes pas, ou que j’allasse dans le puits, au même supplice ; un diable vint, qu’ils nommaient Bigoré, et il sauta sur moi d’une façon impitoyable, et me précipita dans le puits, parmi la flamme ardente, et j’allai au fond jusqu’au fondement ; nous étions là un million de gens ensemble, et sans cesse nous nous élevions par l’ardeur des flammes ; là est puni le péché d’impureté, je méritais mon lot, mais je l’ai eu aussi ; j’avais oublié ferme de penser au signe de la croix, à mesure que je m’élevais en haut, hélas, je tombais encore, quelque neuf ou dix fois après m’être élevé, je tombais sur la tête au milieu des damnés ; à la fin, par la grâce de Dieu, parmi le feu, la fumée, je fis le signe de la croix, et je fus culbuté et jeté hors du puits, toujours à quelque deux cents pas, et je me levai debout et je partis encore ; 3300 pe c’hajen er puns bras en eur memeus suplis C. 3361 voa c’hanvet Bigore C. 3368 Cf. Cognomerus et sainte Tréfine, v. 1302.