Page:Doucet - Moïse Joessin, 1918.djvu/10

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voyait aucun faux-fuyant : C’était pour lui, dans sa pensée, le déshonneur de renoncer à la journée entreprise et promise, ou le déshonneur d’avouer que le grand Marga était plus capable que lui même.

Quand on bataille, se disait-il, pour se reposer, on brise les conventions en feignant de les oublier ; on étouffe son adversaire au lieu de le frapper, on lui plante même ses doigts dans les yeux pour lui faire ouvrir la bouche, on se roule par terre avec lui et l’on se cache un peu la tête pour rebondir ensuite…

Notre héros redressa sa tête glabre et, soit que son orgueil fut revenu, ou que sa fringale fut diminuée, il dit, après avoir lancé quelques jurons appropriés aux circonstances pénibles de sa vie en général — « Je me contenterai d’un maudit bon verre, ça sera assez. » On lui procura cinq sous, et cinq minutes après il revenait de l’hôtel Marcotte, et reprenait son ouvrage avec ardeur