Page:Doucet - Moïse Joessin, 1918.djvu/18

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« Je pensais à ça, là, oui ; je me répétais à moi-même : ce grand maudit a les mains occupées à me tenir les pieds, c’est vrai, mais ses pieds, à lui, sont libres, sacrémilieu, il faut qu’il me lâche. Tu sais Joe, moi je me méfie bien plus de tes pieds que de tes poings. »

Le colosse répondit : — « T’es bête, t’es bête. »

L’autre parut indécis, avala son verre, et serra les dents, le verre se brisa et la partie brisée fut crachée dans la place, de la bouche saignante. Soudain, un air de violon retentit, Monferrand se mit à danser en lançant les jambes en l’air comme pour se dégourdir ; tandis que Joessin demandait au commis de barre de lui servir du bon whisky en esprit.

Quelqu’un l’interpela : « Que penses-tu Joessin ? »

Joessin répondit : « Je pense que si Francis Grenier et Pierre, mon frère, étaient ici, on aurait du plaisir ! »