Page:Doucet - Moïse Joessin, 1918.djvu/20

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« Ah » ! répliquait-il, « je ne suis pas un âne comme les autres, vous saurez, je ne rue pas par derrière, mais bien par devant, comme ça », en assénant à son interlocuteur un formidable coup de poing entre les deux yeux, « et si je suis un âne, je ne ris pas. » L’autre fit une culbute.

Et Joessin affirma, en changeant de propos, que les plus gros bancs de neige de Lavaltrie à Lanoraie étaient chez les Hervieux, en haut de la « grand côte ».

Si Moïse Joessin n’était pas toujours d’humeur à laisser passer les farces qu’on pouvait faire sur son compte en sa présence, il est cependant reconnu qu’il était généralement gai : il aimait les chansons et lui-même était un beau « chanteux » mais il ne chantait que lorsqu’il était bien disposé, à la suite, par exemple, de politesse spiritueuse.

Une bonne « gobée » de rhum lui déliait la gorge et la voix, sans compter que la mémoire lui revenait complète et lumineuse.