Page:Doyle - La Vallée de la peur.djvu/243

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sans laisser voir le cas qu’il faisait des éloges du grand homme.

Rentré chez lui, il prit ses dispositions en vue de la tragique soirée qui l’attendait. D’abord, il nettoya, graissa et chargea son revolver Smith et Wesson. Puis il inspecta la chambre qui devait servir au guet-apens. C’était une vaste pièce, dont une longue table de bois blanc occupait le centre, et le grand poêle une extrémité. Elle prenait jour sur deux côtés par deux fenêtres sans persiennes, munies simplement de légers rideaux. Mac Murdo en fit la remarque : assurément, elle semblait bien exposée à la vue pour une affaire si secrète ; mais à la distance ou elle se trouvait de la route, l’inconvénient avait moins de gravité. Enfin, Mac Murdo eut une conversation avec son co-pensionnaire. Scanlan, bien qu’appartenant à la bande des Écumeurs, était un inoffensif petit bonhomme, trop mou pour se mettre en opposition avec ses camarades, mais qui, dans le fond, avait horreur des scènes sanglantes. Mac Murdo lui fit part brièvement de ce qui se tramait.

« Avant demain, il y aura ici mort d’homme. À votre place, je me défilerais, Mike Scanlan, je passerais la nuit dehors.

— Ma foi, Mac, ce n’est pas le bon vouloir, mais l’énergie qui me manque. Quand j’ai vu, l’autre jour, tuer Dunn, le directeur, j’ai mal supporté la secousse. Je ne suis pas fait pour ça, comme vous ou Mac Ginty. Si la loge ne