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DE SHERLOCK HOLMES

rable. Supposons, par exemple, qu’un agent étranger ait essayé de circonvenir Cadogan West, en s’y prenant de manière à le mettre dans l’impossibilité de parler : ceci nous explique déjà le trouble du jeune homme, les réflexions qui lui ont échappé devant sa fiancée. Bien. Supposons ensuite qu’allant au théâtre avec la jeune fille, il aperçoive brusquement dans le brouillard l’espion se dirigeant vers l’arsenal. Nous savons que c’est un garçon impétueux et décidé. Il n’écoute que son devoir. Il suit l’homme, arrive devant la fenêtre du bureau, s’aperçoit que les documents ont disparu et se jette à la poursuite du voleur : ainsi se justifie cette grosse objection que, pouvant copier les dessins, il se fût gardé de les prendre. Ce n’est pas lui qui a pris les dessins, c’est l’espion. Jusque-là rien que de logique.

— Mais après ?

— Ici les difficultés commencent. Il semblerait qu’en des circonstances pareilles le premier mouvement de Cadogan West dût être d’empoigner l’homme et de crier au voleur. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Serait-ce que l’homme était un haut fonctionnaire ? La conduite de Cadogan West devient alors explicable. Ou bien, l’homme ayant réussi à se perdre dans le brouillard, Cadogan West part-il précipitamment pour Londres dans l’intention de le devancer chez lui, en présumant qu’il connût son adresse ? Il ne faut pas moins qu’un motif très impérieux pour qu’il lâche sa fiancée dans le brouillard et ne se préoccupe plus de lui donner de ses nouvelles. Là, notre piste s’arrête. Il y a solution de continuité entre notre hypothèse et le fait que nous ne retrouvons plus Cadogan West que mort, couché sur le toit d’une voiture de Métro, avec sept des papiers dans sa poche. Mon instinct me dit qu’à pré-