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DE SHERLOCK HOLMES

— D’abord, monsieur, je lui remettrais une clef de la maison. Rien à dire quant à ça, la plupart des locataires ont la leur. Puis il voulait qu’on le laissât toujours seul et qu’on ne le dérangeât sous aucun prétexte.

— Cela, n’est-ce pas, peut se comprendre ?

— Oui, dans une mesure raisonnable. Mais voici qui dépasse la limite. Il est là depuis dix jours, et ni M. Warren, ni moi, ni la bonne, ne l’avons un tant soit peu aperçu. Nous l’entendons, la nuit, le matin, l’après-midi, arpenter vivement sa chambre ; mais, sauf le soir de son arrivée, il n’a jamais mis les pieds hors de la maison.

— Ah ! vous dites qu’il sortit le soir de son arrivée ?

— Oui, monsieur ; et il revint tard, alors que nous étions couchés. Il m’avait d’ailleurs avertie en retenant l’appartement, et m’avait priée de ne pas mettre le verrou à la porte. Je l’entendis monter l’escalier après minuit.

— Mais ses repas ?

— Nous devons, quand il sonne, les lui laisser sur une chaise devant sa porte ; il sonne de nouveau quand il a fini, et nous retrouvons le couvert sur la chaise. S’il veut autre chose, il écrit sa demande en caractères d’imprimerie, sur une feuille qu’il laisse toujours au même endroit.

— En caractères d’imprimerie ?

— Oui, monsieur, tracés au crayon. Juste un mot, pas davantage. Voici un de ces mots, que j’ai portés pour vous les montrer : SOAP. En voici un autre : MATCH. Et voici celui qu’il laissa le premier matin : DAILY GAZETTE. Je lui monte tous les matins ce journal avec son petit déjeuner.

— Qu’en pensez-vous, Watson ? dit Holmes, consi-