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LA NOUVELLE CHRONIQUE

Et quand la logeuse fut partie :

— Certainement, Watson, me dit Holmes, il y a dans tout ceci quelques points intéressants. Il se peut que nous ayons simplement affaire à un excentrique ; il se peut aussi que le cas soit plus grave qu’il n’en a l’air. Le point qui frappe tout d’abord, c’est que la personne qui occupe l’appartement peut très bien n’être pas la même qui l’a loué.

— Qu’est-ce qui vous le ferait croire ?

— Sans parler du bout de cigarette, ne trouvez-vous pas remarquable que l’unique sortie du pensionnaire ait eu lieu sitôt après la location de l’appartement ? Il rentra, ou, plutôt, quelqu’un entra dans la nuit, en l’absence de tout témoin. Rien ne nous prouve que la personne entrée à ce moment et la personne sortie auparavant fussent la même. Puis, l’homme qui retint l’appartement s’exprimait en bon anglais ; cependant je lis sur cette feuille match, quand il devrait y avoir, au pluriel, matches. J’imagine que le mot dut être pris dans un dictionnaire n’indiquant pas le pluriel des noms. Ce style laconique masque peut-être une totale ignorance de l’anglais. Oui, décidément, Watson, je croirais volontiers, à une substitution de pensionnaire.

— Motivée par quoi ?

— C’est là que gît le problème. Nous avons, d’ailleurs, une ligne toute tracée pour nos recherches.

Il prit le grand album dans lequel il collectionnait, jour par jour, la petite correspondance des journaux de Londres.

— La personne en question est seule, et une lettre ne la joindrait pas sans violer le secret absolu dont elle s’enveloppe. Dans ces conditions, comment lui arriverait-il des nouvelles du dehors ? Par la petite corres-