Page:Doyle - Les Aventures de Sherlock Holmes.djvu/8

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tional en souffrir, alors que Gaboriau sait extraire de son cerveau inventif les complications les plus extraordinaires, le style, l’écriture, pour employer un mot du métier, reste souvent bien inférieur. Doyle, au contraire, parle une langue sobre, ferme, souvent élégante, et se montre toujours écrivain de premier ordre.

Le M. Lecoq mis en scène par Conan Doyle se nomme Sherlock Holmes. Chose curieuse, ce policier amateur loin d’être un personnage fictif, créé de toutes pièces par l’imagination de l’auteur, n’est que la reproduction presque exacte d’un type qu’a beaucoup fréquenté le docteur Doyle. C’était un vieux médecin militaire, professeur à l’hôpital d’Edimbourg et appelé de son vrai nom Joseph Bell. Son esprit d’observation, ses facultés de pénétration et de déduction étaient telles, qu’en voyant un client pour la première fois il devinait souvent les détails les plus secrets de son existence et les révélait avec une justesse qui ne se trouvait jamais en défaut. Doyle le prit pour modèle de son Sherlock Holmes et inventa des histoires sensationnelles pour mettre en relief des facultés aussi extraordinaires.

Le procédé de travail du docteur Doyle mérite d’être rapporté : il commence par concevoir le crime ou le fait qui sert de base à son récit ; puis il échafaude petit à petit, par une sorte de mé-