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L’AVENTURE DES CINQ PÉPINS D’ORANGE          71

ma supposition devint une certitude. De là, je consultai la liste des vaisseaux actuellement dans le port de Londres.

— Et ensuite ?

— Le Lone Star est arrivé la semaine dernière. J’allai au dock Albert et appris que la barque avait descendu la rivière ce matin même, faisant route vers Savannah. Je télégraphiai à Gravesend et sus qu’elle avait déjà passé au large ; le vent étant de l’est, le Lone Star a maintenant doublé les Goodwins et doit être en vue de l’île de Wight.

— Qu’allez-vous faire alors ?

— Soyez tranquille, je ne les lâche pas ; je sais que le capitaine et ses deux seconds sont les seuls Américains du bord ; les autres sont Danois et Allemands. Je sais aussi que tous les trois sont descendus à terre la nuit dernière ; je le tiens de la bouche de l’arrimeur qui a aidé à charger le bateau. Avant que leur barque atteigne Savannah, ma lettre sera arrivée par la malle, et la police de Savannah saura par câble que ces trois messieurs sont inculpés du crime.

Comme toujours, les plans humains pèchent par quelque endroit, et les meurtriers de John Openshaw ne reçurent jamais les pépins d’orange qui devaient leur révéler qu’un homme aussi résolu et aussi hardi qu’eux, était lancé à leur poursuite. Cette année-là, la tempête fit rage à l’équinoxe. Nous attendions toujours des nouvelles du Lone Star ; mais aucune ne nous parvint. Un jour pourtant, nous apprîmes qu’on avait vu là-bas, au loin sur l’Atlantique, flotter entre deux lames l’étambot d’un navire portant les lettres LS. C’est là tout ce que nous saurons jamais du Lone Star.

[Illustration de G. da Fonseca]