Page:Doyle - Un crime étrange.djvu/147

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.



— Ah ! alors si vous et mon père avez tout arrangé, je n’ai plus rien à dire, murmura-t-elle, en appuyant sa tête sur la large poitrine de son ami.

— Dieu soit loué ! reprit celui-ci d’une voix émue, tout en se baissant pour l’embrasser, voilà donc qui est décidé. Mais plus je resterai et plus il me semblera dur de partir ; mes compagnons m’attendent dans le défilé ; adieu, mon amour, adieu, dans deux mois, vous me reverrez. »

Il s’arracha alors à son étreinte et sautant sur son cheval partit au grand galop, sans même retourner la tête, comme s’il craignait qu’un seul coup d’œil, jeté sur ce qu’il laissait derrière lui, pût suffire à ébranler sa résolution.

La jeune fille resta appuyée contre la grille, le suivant du regard jusqu’à ce qu’il eût disparu ; puis elle rentra lentement chez elle. C’était à ce moment la fille la plus heureuse de tout l’Utah.