Page:Doyle - Un crime étrange.djvu/63

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sensible aux flatteries qui visaient son talent, qu’une jolie femme peut l’être à celles qui s’adressent à sa beauté.

« J’ai encore autre chose à vous apprendre, dit-il. L’homme qui portait les chaussures fines et celui qui avait les souliers carrés du bout, sont venus dans le même fiacre ; pendant qu’ils marchaient dans l’allée ils étaient dans des termes aussi amicaux que possible, probablement même se donnaient-ils le bras. Une fois entrés dans la chambre, ils se mirent à marcher de long en large, ou plutôt, l’homme aux chaussures fines est resté en place, tandis que l’autre, celui aux bouts carrés, arpentait la pièce. J’ai lu tout cela dans la poussière du plancher et j’ai même vu que plus le dernier marchait, plus il devenait surexcité. Ceci m’a été démontré par la longueur de ses enjambées qui augmentait toujours davantage. Il parlait en même temps et sa colère arrivait sans doute à son paroxysme. Ce fut le moment où la tragédie se dénoua. Je vous ai maintenant dit tout ce que je sais moi-même, car le reste n’est que probabilité et conjecture. Dans tous les cas nous avons pour point de départ une excellente base ; seulement je tiens à me hâter, car je compte aller cet après-midi au concert de Hallé pour entendre Norman Neruda. »

Pendant cette conversation, notre fiacre avait traversé une longue succession de rues sales et de