Page:Doyle - Un crime étrange.djvu/70

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Il est bien sûr que la description de cet homme répond à celle que vous nous avez donnée du second acteur du drame ; mais pourquoi serait-il revenu sur le lieu du crime ? Ce n’est pas ainsi qu’agissent les criminels.

— Et la bague ? mon ami, la bague ; voilà pourquoi il est revenu. Si nous n’avons pas d’autre moyen de le happer, nous pouvons toujours nous servir de cette bague pour amorcer notre ligne. Mais je l’aurai, docteur ; je vous parie deux contre un que je l’aurai. C’est bien à vous que j’en serai redevable, car sans vous, je ne me serais probablement pas dérangé, et j’aurais manqué ainsi l’étude la plus intéressante que j’aie encore rencontrée, une étude de rouge, hein, comme dirait un peintre…. De quel beau rouge n’est-il pas, en effet, ce fil teint par le sang d’un crime et qui se perd au milieu de l’écheveau emmêlé des existences humaines ! C’est à nous de le dévider, à nous de l’isoler, de l’étudier brin par brin. Pour le moment rentrons déjeuner, puis j’irai entendre Norman Neruda ; sa manière d’attaquer la note et son coup d’archet sont vraiment parfaits. Quelle est donc cette petite machine de Chopin qu’elle joue si bien : Tra-la-la-lira-lira-lari…. ? »

Et, renversé au fond de la voiture, ce limier amateur chantait comme un oiseau, pendant que je méditais sur les contrastes si divers qu’offre l’esprit humain.