Page:Doyle Souvenirs de Sherlock Holmes.djvu/6

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tabac le plus noir et le plus fort qu’il eût pu trouver et restant absolument sourd à tout ce que je pouvais lui dire. Ce jour-là, nous avions reçu les derniers numéros parus de chaque journal de Londres ; mais mon compagnon y avait à peine jeté les yeux et les avait successivement lancés dans un coin. Cependant, malgré son silence, je savais parfaitement à quoi m’en tenir sur le sujet de ses méditations. Il n’y avait à ce moment qu’un seul problème qui pût l’amener à concentrer ainsi toutes ses facultés d’analyse : c’était la mystérieuse disparition de Silver Blaze, — le cheval célèbre, le grand favori du Wessex Cup — et le meurtre tragique de son entraîneur. Aussi quand il m’annonça brusquement son intention de se rendre sur le théâtre du drame, il ne fit que répondre à mon attente et à mes secrètes espérances.

— Si je ne vous gêne pas, lui dis-je, je serais très heureux de vous accompagner.

— Mais au contraire, mon cher Watson, vous me feriez le plus grand plaisir. Et je crois que vous ne perdrez pas votre temps ; car il y a dans cette affaire certaines particularités qui promettent d’en faire un cas absolument unique. Voyons, je crois que nous avons juste le temps d’arriver à la gare de Paddington pour prendre le train ; pendant le voyage, je vous mettrai au courant de tout ce que je sais là-dessus. Ah ! je vous serais