Page:Driant-Un dirigeable au pôle Nord,1910.djvu/159

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Mais comment sortir d’ici ? demanda l’Américaine… Je ne me souviens que trop bien comment j’y suis arrivée, mais pour sortir…

— Ce sera très facile, Cornelia.

Et se dirigeant sur le fond de la grotte, le milliardaire en revint avec une pioche et attaqua vigoureusement la paroi qui donnait sur l’extérieur. Il eut rapidement creusé dans la neige durcie un étroit passage dans lequel il se glissa.

— Vous avez raison, fit-il, Petersen doit se demander s’il n’est pas abandonné là-bas, tout seul avec Bob… Hâtons-nous !

Et il tira derrière lui le léger traîneau, sur lequel il arrima une paire de skis.

— On ne sait jamais, fit-il : cela peut nous être utile. Savez-vous aller en ski, commandant ?

L’officier répondit négativement.

— Vous avez grand tort. On ne devrait jamais s’embarquer pour une expédition polaire sans savoir se servir de ces merveilleuses raquettes.

— Eh ! sir Elliot, avez-vous oublié qu’il y a moins de cinq jours, j’étais à 4.000 kilomètres d’ici et que je ne songeais guère à une expédition polaire ?

— Moi, j’adore ce Sport-là, fit l’Américain, et si j’avais eu ces skis à l’aller, sur un sol aussi uni que cette banquise, jamais ce gueux d’ours ne m’aurait rattrapé.

Ils se retrouvaient dehors, et l’immensité du désert glacé apparut plus lugubre encore à Christiane, sous le voile nouveau que lui tissait la neige.